Foghound – The World Unseen


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Foghound sort son second album chez Ripple, une bonne nouvelle pour nous : signé sur le label américain qui a le vent en poupe, le quatuor gagne en exposition et incidemment en notoriété. Il faut dire que leur premier album, sorti il y a deux ans sur un obscur label, n’avait pas franchement rencontré son public, comme on dit pudiquement… Or, co-fondé par la section rythmique badass de Sixty Watt Shaman (Rev. Jim Forrester à la basse et Charles Dukeheart III à la batterie), le groupe de Baltimore a de quoi susciter un vif intérêt. Le line-up est complété de Dee Settar et Bob Sipes aux 6-cordes.

Fanatiques du Shaman de 60W, on s’est jetés corps et âmes dans cette rondelle en attendant notre dose de gros riffs gras et de compos coups-de-poing subtilement parfumées au sable chaud et de sonorités sudistes. Et bien de ce point de vue, la chute fut rude ! Car ce qui choque (le mot n’est pas galvaudé quand on s’attendait à un ersatz de SWS) c’est la variété des compos et des sonorités proposées : ainsi enrichi d’un travail d’écriture très élaboré, l’album s’avère finalement assez difficile à appréhender. Le chant partagé entre Dukehard et Sipes ajoute à ce sentiment « d’éclatement » et perturbe un peu plus les radars. Et à partir de là, deux options : on se casse le nez sur cet album massif et difficile d’accès, ou bien on le fait tourner et tourner… jusqu’à détecter les interstices permettant de s’y immerger.

Fondamentalement, ce qui marque, c’est la prod massive de l’objet : l’enregistrement par Mike Dean (de COC) n’y est peut-être pas étranger, mais quoi qu’il en soit, le son très travaillé, parfaitement adéquat, sert impeccablement ces compos. Des compos qui explorent tous types de territoires, donc, avec toujours une vraie réussite : du mid-tempo puissant (« Above the wake » étrangement placé en intro), des titres rythmiquement percutants, presque typés « neo » (« Message in the sky » avec sa basse saturée et son son de caisse claire rappelleront les productions de la fin du millénaire, type Sugar Ray), de l’instru électro-acoustique planant (« Bridge of Stonebows ») et d’autres titres formellement inclassables : un « Serpentine » qui fleure bon Clutch, « On a roll » et « Rockin’ & Rollin » qui rappellent furieusement Fu Manchu… Et globalement une production de riffs de haute volée (« Give up the ghost », « On a roll », « Never return »). N’en jetez plus !

Après de très nombreuses écoutes, on va être honnête : on ne sait toujours pas quoi faire de cet album. Sa qualité de composition et d’interprétation sont indéniables : à coup sûr on n’aura aucun mal à le sortir de son boîtier dans un an ou dix ans et l’apprécier tout autant. Sa qualité intrinsèque ne fait pas débat. En revanche, il manque quelque chose pour le trouver attachant et créer le lien affectif (que l’on a avec Sixty Watt Shaman, par exemple) : un manque de cohérence, de clarté et de vision dans l’intention musicale… quel est le projet ?? Si vous aimez vous perdre dans un album, vous laisser porter par la musique, sans forte attache, sans ligne directrice rigide, vous aimerez probablement ce disque, qui déborde de points positifs. Si vous cherchez plutôt l’âme d’un groupe, entendre des musiciens tracer une piste musicale, défricher leur chemin dans une direction qui se fait jour une fois arrivée la fin de l’album… dans ce cas vous aurez peut-être du mal à rentrer dans ce « Never Return ».

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