Hooded Menace – Ossuarium Silhouettes Unhallowed


 

Vous êtes vous déjà demandé ce qui a fait le succès des balades écrites par des groupes de métal les décennies précédentes ? C’est avant toute chose cet équilibre parfait entre fureur et douceur, entre rage et mélancolie. Prenez par exemple « Nothing Else Matters » : c’est bien son sens ultime de la mélodie, aération intercalée dans un déchaînement de distorsion, qui en fait un moment musical important. Et plus le metal est lourd, plus l’aération est précieuse. Et dans le cas d’Hooded Menace, formation finlandaise s’évertuant à souiller nos plus fébriles espoirs depuis désormais 10 ans, la moindre interstice de lumière a alors des allures d’ultime échappatoire. Leur discographie, fortement recommandable dans son entièreté, a toujours offert une place de choix à la mélodie, par le truchement de riffs inspirés, maidenesques, quoique noyés sous 100 000 tonnes de lugubres désespoirs. Leur dernier album en date, Darkness Drips Forth, jouait tout de même la carte du monolithe, 4 titres pour 40 minutes de lente agonie et au final ne s’imposait pas, sur la durée, autant que Never Cross The Dead et Effigies of Evil, ses deux glorieux prédécesseurs. Mais Ossuarium Silhouettes Unhallowed vient rebattre les cartes, proposant peut être, ce que la formation de Joensuu, relocalisée à Helsinki a fait de meilleur à ce jour.

Enfin devenu groupe, plus que projet du seul Lasse Pyykkö, Hooded Menace enregistre même l’arrivée d’un chanteur, Harri Kuokkanen (d’Horse Lattitudes, qui avait dès 2011 croisé la route d’Hooded Menace), qui avait déjà enregistré le split avec AlgomA, paru l’année précédente. Et dans un certain sens, ce nouvel apport éclaircit le propos de la menace encapuchonnée. En effet son chant death, plus académique et moins caverneux que celui de Pyykkö, Kuokkanen amène Hooded Menace sur les versants du doom/death originel, celui de la trinité de Peaceville, et de Paradise Lost en particulier. Une touche anglaise que le mastering aux studios Orgone finira d’ailleurs d’apporter. Résultat : l’album est en tout point mieux construit, plus riche et varié que les précédents. Ecrit à deux plumes (Kuokkanen en est le cosignataire avec Pyykkö et signe également seul « Cascade of Ashes »), « In Eerie Deliverance » est l’incarnation parfaite de cette orientation nouvelle avec son pont épique et sa légère touche de voix féminines. La mélancolie qui se dégage de « Cascade of Ashes » ou les réminiscences doom traditionnel de « Charnel Reflections », rappelant l’obsession de Pyykkö pour le premier album de Cathedral, sont autant de paramètres qui font de ce cinquième album la synthèse parfaite de ce qu’est Hooded Menace et de ce qu’il semble vouloir devenir. Comme un point d’équilibre absolu. Sans pour autant renier la noirceur qui fait le sel (à vif, sur plaies béantes) du groupe, les multiples idées qui parsèment le disque révèlent une réelle envie de musique, extrême certes mais portée par la lumière qu’ont ces albums qui marquent un tournant dans la carrière d’un groupe. Ossuarium Silhouettes Unhallowed est il, à sa façon, le Black Album d’Hooded Menace ? Seul l’avenir apportera une réponse à cette question. Reste que l’on tient là un monolithe qui fera date.

 

Point Vinyle :

Achat du vinyle indispensable pour voir en grand la pochette d’Adam Burke, l’artiste qui monte dans les scènes death (Vektor, Tchornobog, Acephalix, Spellcaster, Tempest) et doom (Uncle Acid, RIP, Ruby The Hatchet, Ancient Warlock, Pagan Altar, Mos Generator) ici utilisé à la parfaite jonction des deux. L’album est un joli gatefold, plein de détails, existant, pour le premier pressage, en 3 versions :

  • Blue transparent : 100 exemplaires, sold out.
  • Yellow transparent : 200 exemplaires, sold out
  • Black, sold out sur le site du label et du groupe mais trouvable un peu partout.

Ne trainez pas où ce sera 50 balles sur Discogs.

Note de Desert-Rock
   (8.5/10)

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