Soundcrawler – The Dead-End Host


Soundcrawler artwork front

Une question de cycle.

On est dans une période où toute la génération biberonnée au grunge des 90s arrive au pouvoir et la scène française prend les commandes de fort belle manière. Il suffit de porter l’oreille aux productions de Coffin on Tyres et autre Blondstone en 2014 pour s’en convaincre, les référents à la scène de Seattle prenant une part importante dans le stoner ces dernières années. Une question de cycle donc. En ce sens, Soundcrawler, combo de Périgueux s’inscrit pleinement dans la mouvance. A tel point qu’il pourrait désarçonner les fans de fuzz que vous êtes.

Car « The Dead-End Host » est un alien qui s’extirpe des tripes d’Alice in Chains et de Soundgarden. La voix, bien sûr, les plans typés métal des guitares, la production et le grain de l’ensemble, autant d’éléments qui font atterrir le Nostromo côté Nord-Ouest des Etats-Unis. Mais Soundcrawler poursuit une autre bête depuis son précédent opus et celle-ci a plus la gueule et le goût des abominations de Dune. Comme le présente l’excellent artwork de l’album, le groupe ensable sa carcasse et ses compos dans des éléments propres au stoner. Du passage aérien de « Raiders » aux frappes sourdes en basse de « Burning Scales », de l’esprit desert-session de « Long Coma Slow » à l’urgence tout en wah-wah de « A God To Feed », chaque titre porte en son sein un marqueur de pierre qui offre un contrepoint intéressant à la sourde mélancolie du grunge.

Le groupe imprime via « The Dead-End Host » une identité forte et marquée. Une patte sonore tranchée, forcément à double tranchant, car elle fait tomber de temps en temps le quintet dans la redite mélodique. L’écoute dans ces cas-là marque un temps où l’on pourrait décrocher et considérer l’album comme une belle étape, sans plus. Temps suspendu que Soundcrawler s’empresse d’ensevelir par un tiercé de compositions salvatrices. « Civil », tout d’abord, où la guitare s’acoquine avec de la modélisation synthétique et creuse un sillon plus dégueulasse qui sied aux mélodies du groupe. « Infinite Genocide » ensuite, car Remy Pocquet, le lead singer, se décide à hurler, comme si sa vie en dépendait, un « everywhere, anytime, fiiight » de belle facture où la luette s’apparente à une énorme paire de couilles. « And All The Seconds Left » enfin, car il clôt acoustiquement et de manière onirique le tout nouveau 9 titres, proposant ainsi une patine plus viscérale et sincère à la galette.

« Elle était comment la bête ? » demande Caïus Pupus dans les 12 travaux d’Astérix. Et bien la bête est cohérente, très bien exécutée avec un sens poussé de la composition et un codex des genres très bien assimilé. On fait face à un exercice finement troussé qui, s’il arrive à pousser plus loin sa personnalité pourrait accoucher d’un monstre massif dans le prochain essai. « The Dead-End Host » par Soundcrawler, s’il ne bouleversera pas vos horizons musicaux, risque fort de vous faire passer un sombre et agréable moment.

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