Vodun – Possession


Je vais me mouiller (je l’avais fait à l’époque pour Kadavar et l’avenir m’a donné raison) : Vodun sera, dans 4 à 5 ans, l’une des formations les plus reconnues et demandées de la scène, et nous autres, habitués aux découvertes de l’underground, serons écœurés par le tapage médiatique autour du trio, comme dépossédés d’un énième diamant que l’on aura vu, album après album, se polir. Pourquoi ? Parce que la musique proposée par les londoniens est à la croisée de ce qu’une grande capitale européenne a à offrir : un son enrichi de cultures et de personnalités diverses.

Ogoun, Marasse et Oya, trois pseudonymes, trois déclarations d’intentions. Entre réminiscences tribales et hard rock urgent. Une batteur déchainée, un guitariste allumé et surtout Chantal Brown, ancien faire-valoir vocal de Do Me Bad Thing, obtenant là toute la place que ses cordes vocales et sa soul méritent. Bien sûr, comme la demoiselle est noire, talentueuse et ronde, les comparaisons avec Aretha Franklin fleurissent de partout. Pourtant, en dehors de ces trois critères, convenons qu’il n’y a aucun rapport. Brown s’époumone, harangue, module et livre une prestation vocale décalée (parfois un peu énervante certes), à la croisée entre soul et lyrisme. Là où ce mélange devient génial et unique c’est qu’il est associé à une musique plutôt violente métallique (« Possession », « Mawu », « Divinity »). Puisque la jeu des parallèles reste le mètre étalon dans la musique je dirai que le groupe est à la croisée entre Chrome Hoof pour l’audace, Goat pour le large spectre des influences et (un peu) Black Cobra pour le bazar sonore créé à deux instruments. Au rayon des grandes réussites de ce premier effort, citons « Loas Kingdom » et « Mawu » titres à l’efficacité redoutable ainsi que « Possession » portée par la folie vocale d’Oya/Brown et « Kanpay Rejete » en clôture d’album, synthèse de ce que le groupe explorera probablement par la suite.

Loin d’être parfait, trop long et parfois bancal, affublé d’une pochette franchement indigne, Possession reste un vrai bol d’air frais, original et maîtrisé, porté par une vocaliste unique et la volonté de faire du vacarme leur leitmotiv. Et dire que ce groupe, publié sur une petite structure londonienne balbutiante, a déjà les festivals spécialisés à ses pieds. Profitons, profitons, ils vont bien vite se sentir à l’étroit dans nos petits clubs sombres et mal famés.

 

Point Vinyle:

Riff Rock Records a (pour le moment) pressé uniquement 500 exemplaires de cette petite pépite, en résine orange. Ne trainez pas si vous aimez les first press.

 

Note de Desert-Rock
   (8/10)

Note des visiteurs
   (8.67/10 - 3 votes)

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