Wounded Giant – Vae Victis


Et si les trios sauvaient une bonne fois pour toute le rock dur de toute idée absurde de sophistication ? Et pourquoi pas. Dans cette configuration minimale, où chaque instrument capte le maximum du spectre qui lui est imparti, le rock, le stoner, le doom, ou peu importe comment on l’appelle se joue des affres de l’intellectualisation et demeure tel qu’on l’attend : brutal et séminal. Ce concept semble t’il, Wounded Giant l’a bien intégré. Bobby James, Alex Bytnar et Dylan A. Rogers, trois rejetons de la cité perdue du grunge, font clairement dans le rock qui tape fort, sans fioriture. Depuis Lightning Medicine, leur premier et hautement recommandable autoproduit publié en 2013, rien ne semble pouvoir les faire dévier de leur route, celle qui consiste à faire s’entrechoquer les corps et tournoyer les nuques. Dans un style sauvage, que l’on peut aisément déclarer sous l’influence d’High On Fire, Wounded Giant croise le riff, la fuzz et le saint patern. Repéré par STB Records, le trio de Seattle partage un split avec Goya, autre enfant du label, en 2015, avant de publier son second et attendu disque en 2017.

Produit par Billy Anderson, que l’on ne fera pas l’affront de présenter, Vae Victis sonne puissant, et plus que tout il sonne juste. Dès « Vae Victis », morceau d’ouverture aux 9 minutes trente de pur heavy doom, le ton est donné. Le trio n’a pas perdu une seule seconde de sa verve et fait toujours la part belle aux mid-tempi pesants et aux envolées de guitares sauvages, lacérées de fuzz. Fait rare dans un style souvent loin des préoccupations de son temps – derrière la pochette représentant Rasputine (une pensée à Type O Negative) au milieu de ruines envahies par les champignons – Wounded Giant déroule un propos teinté de prérogatives sociales (« Scum Of The Earth », « Green Scar », et même le morceau titre, s’ouvrant sur la phrase « I Love Corruption »). Côté musique, outre High On Fire et Sleep, deux références sonores pour lesquelles le travail avec Billy Anderson sert de lien heavydent, on pense à Zoroaster un peu, aux Melvins, bien sûr, Seattle oblige. Mais on se rappelle surtout à quel point Lightning Medicine, le premier album de Wounded Giant était marquant, appréciant alors à sa juste valeur ce second effort, produit de l’efficacité d’un trio dont on n’a pas fini d’entendre parler.

Veni, Vidi, Vici.

 

Point Vinyle :

Outre les 15 copies du Test Press, introuvables ou hors de prix, STB Records propose ses trois versions habituelles pour son premier pressage :

  • 100 Die Hard copies : tricolores, avec splatter et housse sur la pochette, numérotés.
  • 150 Obi Séries : clear, avec gouttes blanches et splatter rouge et jaune. Numérotés sur un insert.
  • 250 Not so Standard Edition : rouge et blanche, plus classique, cette édition est bien sûr la plus aisée à trouver.
Note de Desert-Rock
   (8/10)

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