MUDWEISER (+ Seeds of Mary + Karmapolis) – 10/02/2018 – Langon (Théâtre des Compagnons de La Veillée)

Bien chauffés par le nouvel album enthousiasmant de Mudweiser, il n’a pas fallu longtemps pour nous décider à enfourcher notre destrier à quatre roues et aller explorer les fin fonds girondins à la recherche d’une bonne dose de rock épais.

Karmapolis

Karmapolis

On a d’abord un peu peur en arrivant dans cette salle Langonnaise, on craint un peu le syndrome « salle des fêtes » avec un son dégueulasse ; heureusement les premiers accords de Karmapolis nous rassurent, il n’y aura aucun soucis de mise en son ce soir. Karmapolis, donc, un duo guitare/chant et batterie, est sur scène quand on rentre dans la salle. On connaît l’exigence du format « binôme » et on constate vite que non seulement le duo est en place, mais aussi que l’alchimie est là. Musicalement, on se retrouve sur un gros rock qui navigue ici ou là dans des embardées stylistiques variées : rock indé, metal, psyche, ça part un peu dans tous les sens, mais tout est sous contrôle. Disons-le tout de go : l’amateur de rock y trouvera son compte, mais l’esthète du rock bitumé option huile de vidange trouvera la guitare un peu légère… Mais quel batteur en revanche ! Et on passera sous silence le malaise du wall of death le plus maladroit de l’histoire du rock…

 

Seeds of Mary

Seeds of Mary

Vient le tour de Seeds of Mary, quintette auquel on appliquera peu ou prou le même commentaire : très très carré, le groupe évolue lui aussi dans un gros rock qui fait peu de tâches. Le combo est rodé, scéniquement impeccable, dynamique, en place, les musiciens sont souriants, rien à redire… Mais musicalement, tout ça est très propre et un peu trop policé pour nous, gros viandards du son. Pas un hasard si on retrouve pas mal de vestes à patches au bar.

Trente secondes suffisent pour apprécier la maîtrise scénique de Mudweiser : sitôt Reuno sur scène, le public sourit et se met à gueuler ; un signe de sa main et la moitié de la salle se retrouve collée aux premiers rangs (quelque chose que les groupes précédents ont mis une heure à essayer de faire, en vain). C’est aussi simple que ça. Bluffant. Et le reste est à l’avenant.

Ça commence par le groovy et heavy « Bloody Hands » et pendant plus d’une heure de set, ça ne débande pas. De manière assez habile, le groupe va piocher dans ses trois albums à peu près à parts égales (bon OK, « Angel Lust » se tire quand même la plus belle part), injectant ainsi trois belles cartouches issues de son dernier bébé «So Said the Snake », déjà en vente au merch) – ce qui nous permet de valider que l’épreuve du live leur donne un bon teint, mais on n’était pas trop inquiet non plus.

Sur scène, musicalement ça déroule, une véritable leçon, si on fait l’impasse sur un petit pain / problème de son (comme dit Reuno, « quand on est quatre sur scène, dès qu’il y en a un qui n’a plus de son, ben ça s’entend direct » – ce sera l’occasion de lancer un concours de blagues dans le public le temps de réparer… véridique !). C’est carré mais aussi nerveux et dynamique, les gars sont au taquet, ça bouge dans tous les sens, ça saute, ça groove, ça sourit, ça vanne… Bon, Ol est un peu plus calme que ses compères, mais franchement le gars abat un tel boulot seul avec sa gratte… Clairement, ils s’éclatent, et du coup, le plaisir est partagé du côté du public ! Ce dernier, qui remplit la salle à moitié à peu près (loin d’être ridicule pour un concert de rock à Langon, un samedi soir de vacances scolaires…) prend aussi son pied. Faut dire que la communication est remarquable, avec un Reuno particulièrement en verve ce soir : toute occasion est bonne de lancer une vanne, de s’adresser au public, de rebondir sur une remarque dans le public… un spectacle à lui tout seul ! Il crée un contact avec chaque individu dans le public, bluffant.

Mudweiser

Mudweiser

Les titres défilent à bon rythme et (ce n’est pas un cliché) prennent une vraie autre dimension sur scène, enchaînant mandale après mandale. On passe des plus punchy aux plus groovy sans s’ennuyer, se régalant à la fois du petit nouveau punky « 7 AM Zombie » ou du nerveux « Evil Woman », et plus tard du lancinant petit nouveau « Black Magic Priestess » ou encore du presque poisseux « Swimming on the Bottom ». Le très Kyussien « She’s like Cocaine » (extrait d’un EP du groupe) est probablement le titre qui aura mis tout le monde d’accord.

Le groupe fera comme souvent ses adieux avec sa grasse cover du « Nights in White Satin » de Moody Blues, avec le sentiment justifié d’avoir rassasié tout le monde. Ce qui n’empêchera pas les gars de finir la soirée dans la salle ou au bar à déconner et discuter avec le public restant, l’orga, etc… pendant une paire d’heures encore. Double dose de respect et une fort bonne soirée.

 

(bravo à l’asso Montez le Son pour l’organisation)

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