Palm Desert n’est pas un groupe de noobs de l’année. La formation polonaise à quatre têtes ponce son stoner depuis 2009 et a revêtu un patronyme qui dit tout de ses intentions. Chez Desert-Rock.com, on avait eu le chic de vous parler du groupe quelque part autour de 2015, et voilà qu’on se décide à remettre une oreille sur eux quelque onze ans plus tard. Ça ne nous rajeunit pas et ça démontre aussi que les hasards de la promo font parfois mal les choses : bon nombre de groupes échappent à notre vigilance pourtant constante. À notre décharge, Ray Of The Gold And Grays est le premier véritable LP du groupe depuis que nous vous en avions parlé (le précédent étant déjà une réédition). Toute honte bue, nous allons donc réparer le demi-affront de ce long silence par quelques mots bien sentis.
On peut dire que Palm Desert vit sur ses acquis, avec une production aussi ténue que la sienne. Ajoutons à cela qu’il n’y aura pas grand-chose à dire de ce Ray Of The Gold And Grays. Les huit titres qui composent ces 45 minutes d’écoute sont faits d’un pur stoner : un son massif, fort bien mixé, nimbé d’une absence quasi totale d’originalité. N’y voyez cependant pas un défaut, mais bien une qualité.
Palm Desert continue, par sa musique, de faire vivre l’esprit d’une époque. À l’écoute de “Black Hurricane”, “Son Of A Wind And Dust” ou de la plus calme “Lightriders”, on perçoit l’usure du vent charriant les milliers de particules laissées par les groupes stoner nés depuis les années 80, provoquant autant de rayures sur le verre dépoli de ce style musical. On ressent la vibration mal couverte d’un groupe électrogène crachant ses watts dans une nuit éclairée par les projecteurs du désert de Mojave. Objectivement, Palm Desert fait le stoner comme on l’aime, et il serait vain de citer ici les influences d’un groupe qui les a toutes digérées.
Ray Of The Gold And Grays a ceci d’attachant qu’il est parfaitement produit et que chacun des quatre musiciens (cinq en réalité si l’on tient compte des arrangements de studio) est parfaitement à son affaire : personne ne cannibalise la partition de son voisin. Il faudra certes passer l’approche discutable de l’artwork pour aller profiter du vrombissement de l’excellent “At The Age Of Time”.
Palm Desert avec Ray Of The Gold And Grays tient un album qui ne fera peut-être pas date, faute d’un vrai banger ou deux dans sa tracklist. Pour autant, il apporte plus de plaisir qu’un bon paquet de ses congénères et donne à penser que le monde serait tellement plus doux avec quelques albums de cet acabit régulièrement. Palm Desert mérite mieux qu’un LP par décennie; souhaitons pouvoir les écouter à nouveau au sommet de leur art dans un délai un peu plus modeste.
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