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Cortez – Thunder In A Forgotten Town

De quoi vous effrayer de prime abord avec un nom pareil, ce Cortez-ci n’est pas mandaté par Charles Quint pour asservir l’empire aztèque et voler son or mais bien pour foutre le souk dans un déluge sonore aux réminiscences guerrières mais sans débordements d’agressivité.

Ceci est le premier opus des 5 du Massachusetts mais ils sont très loin d’en être à leurs débuts puisque le quintet s’est formé sur les cendres de groupes tels que Supersoul Challenger, Sin City Chainsaw et encore Fast Actin’ Fuses. A la lecture de cette info et au son du premier morceau, vous aurez vite compris qu’on n’a pas à faire à des petits joueurs.

Ici, le quintet de Boston nous livre un travail alternant puissance et finesse. Les mid-tempos ardents laissent transpirer un mur de gros son bien gras et visqueux surplombé par une voie tranchante et haut perchée sans sombrer dans le trop aigu. Ses relents sudistes sont d’ailleurs non sans rappeler un certain Neil Fannon mais il faut noter que jamais le chanteur ne tombe dans la pâle copie.

Que dire de la section rythmique? Si le bassiste assure des lignes sobres et efficaces, il remplit également parfaitement son rôle de choriste. Et la batterie? Une pure merveille: une frappe nette et puissante comme un coup de gourdin, profonde et inspirée comme le maniement d’un sabre pour, ô belle et grande surprise, alterner des roulements de grosse caisse et toms dans un superbe exercice technique sans éclabousser. Les cymbales ne sont pas épargnées non plus et en prennent même sérieusement pour leur grade.

Les tempos varient au fil des morceaux et l’on peut çà et là fleurter avec le sludge pour ensuite retomber dans des envois carrés et couillus. Imaginez une horde de guerriers sanguinaires à vos trousses, avançant inéluctablement avec la ferme intention de vous mettre en pièces, vous aurez un avant-goût des chansons de Cortez.

Un petit plus encore: le choix du plages est savamment orchestré car l’on monte en intensité au fur et à mesure de l’écoute pour atterrir sur le 5e et avant-dernier morceau: Stone The Bastards. Ce morceau est une pure merveille et contient un refrain à hurler au final éponyme que l’on ne peut s’empêcher de reprendre en chœur.

Le seul reproche que l’on puisse faire à cette plaque, c’est la longueur: 35 minutes, c’est trop peu! Ok, il vaut mieux 35 minutes de tuerie plutôt qu’une heure de daube (ou encore meubler pour meubler). Mais quand même, on en redemande. Une seule solution: faire tourner la plaque en boucle (et patienter jusqu’à la sortie du prochain album). Une toute belle sortie.

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