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Dozer – Vultures

L’écurie transalpine, qui compte bientôt dans ses rangs la totalité des formations qui ont fait vibrer notre scène il y a plus d’une dizaine d’années (soit à une époque où nous avions nettement plus de place dans les concerts, mais on ne va pas s’en plaindre non plus), s’attaque cette année à la commercialisation de la seconde partie de la discographie d’une des meilleures formations stoner de l’Histoire avec du grand hash. La triplette de rééditions de l’année c’est Beyond Colossal, le dernier opus du quatuor de Borlänge, Through The Eyes Of Heathens, le meilleur album des années 2000, et ce Vultures, sorti en numérique seulement après que ces Suédois nous aient abandonnés.

Cette sortie n’annonce malheureusement pas le comeback de Dozer mais va humidifier du caleçon de groupiles puisque ces quidams pourront toucher, de leurs mains potelées, les diverses formes physiques que prendra cette compilation qu’ils connaissent déjà dans sa quasi-totalité pour certains et totalement pour d’autres. Originellement sortie en 2013, ces 6 titres de l’âge d’or du groupe sont complétés de la reprise de Sunride : « Vinegar Fly » (que les fans connaissent déjà puisque disponible jadis sur Myspace : ça fout un coup de vieux rien que mentionner cette plateforme). En gros, pour mettre les pendules à l’heure (il est Dozer) : cette sortie affriolante pour certains ne contient pas une once de nouveauté ou d’inédit… que dalle ! Pourtant elle s’avère incontournable pour quiconque désire détenir ces joyaux autrement que sous forme de fichier numérique ; achetez, mes sœurs et mes frères, c’est de la came de premier choix !

Sensée, la démarche l’est certainement pour les bipèdes qui partagent mon amour pour cette formation magique, mais l’expérience s’avère surtout frustrante car tous les acteurs sont désormais de retour aux affaires, avec des fortunes diverses, notamment au sein de Ambassadors Of The Sun, Greenleaf ou Besvärjelsen et pas avec cette putain de formation qu’était Dozer ! Et je me taperai volontiers du nouveau son de la part de ce combo qui contribua naguère à la montée en puissance du courant rock qui nous fédère sur Desert-Rock.com.

Revenons à nos vautours : ces pistes ont été enregistrées au Rockhouse Studios de la ville d’origine du quatuor entre 2004 et 2005 soit quand le chef-d’œuvre Through The Eyes Of Heathens marinait dans leurs esprits. Les compositions sont à la hauteur de la réputation de cet incontournable de la scène stoner européenne : elles sont énormes et n’auraient pas dépareillé dans leur discographie congrue même sous forme d’un EP entre Call It Conspiracy et son successeur. Le style se trouve pile poil entre ces deux albums soit quand la transition s’est opérée entre la concision rentre-dedans des débuts et le développement d’obsession heavy en fin de carrière. « Vultures » et « Last Prediction » incarnant la première partie de la carrière de Dozer avec une certaine rapidité d’exécution, des parties vocales scandées et des riffs assez aériens (attention : ce n’est pas du glam non plus), « Head Ghosts » et « The Impostor » s’aventurent dans un registre plus lourd et aussi plus burné avec des voix chantées ainsi que des riffs qui tournent de bout en bout des titres jusqu’à ensorceler l’auditeur. Cette expression plus mature est sans conteste un des points forts de cette formation qui continue à faire briller nos mirettes à l’évocation de son nom, quand bien même elle ne nous a rien proposé de neuf depuis 12 piges.

L’adjonction de « Vinegar Fly » augmente encore l’attractivité de cette sortie puisqu’absente de la version digitale de 2013. A l’origine, cette reprise des Finlandais devait se retrouver sur un split 100% scandinave qui ne vit malheureusement jamais le jour. La relecture de ce titre à la sauce suédoise lui confère une lourdeur bienvenue et il passe de l’autre côté de la force sans perdre sa saveur originelle. Belle opportunité aussi pour se plonger voire se replonger dans le répertoire d’un groupe disparu de nos radars depuis la période à laquelle cette plage, martelée et scandée avec justesse, a été enregistrée.

Verdict : on achète. On achète bien sûr car cette production contient zéro remplissage, zéro faute de goût, et que des pépites comme « The Blood Is Cold » qui s’approche carrément de la quintessence de l’art ! On verse une obole au label italien bien inspiré, on allume un cierge et on implore Dozer de nous revenir vite. Putain comme ce groupe me manque !

 

Point vinyle :

C’est le banquier des fans de Dozer qui vont être contents et leurs mômes qui vont bouffer des patates durant quelques mois… Vultures sort en CD, digipack c’est obligé, et est tiré en standard noir, en doré à 400 exemplaires, en cornetto blanc et violet (en gros comme un cornet de crème glacée qu’on bouffe l’été et qu’après on se demande pourquoi on ne ressemble pas aux acteurs des séries sur Netflix quand on vire nos fringues), à 200 exemplaires et finalement 10 test press ultra limités complètent la proposition commerciale (vu qu’on ne me l’a pas demandé, je vous informe que les 2 autres rééditions 2021 de Dozer sont proposées elles aussi en quatre déclinaisons vinyles : ça va faire mal à certains budgets).

Note de Desert-Rock
   (9/10)

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