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Hey Satan – Hey Satan

C’est à l’Usine de Genève que j’ai, pour la première fois, fait connaissance avec le son du trio lausannois qui se payait le luxe – excusez du peu – d’ouvrir pour les Californiens de Fu Manchu. Sitôt le trio installé sur scène, je me remémorais avoir croisé ces quidams sur scène à de nombreuses reprises alors qu’ils officiaient pour d’autres formations à des années lumières de la planète stoner : Shovel ou Eastwood par exemple, voire à une formation carrément en lien avec la galaxie que nous explorons depuis une tapée d’années :  !

Originaire de Lausanne Rock City, Hey Satan est – vous l’aurez capté – une nouvelle formation composée de lascars pas franchement nouveaux dans le circuit. Organisés en power trio avec une contribution vocale partagée, les Romands se sont rendu au Rec Studio de Genève (qui est une Rock City aussi si des fois vous l’ignoriez et je ne fais pas dans le chauvinisme !) pour mettre en boîte 10 plages qui font parler la poudre.

Ce premier album éponyme explore un territoire musical heavy rock pas franchement vierge avec, ça et là, une résurgence de leurs démons d’antan notamment sur « Bastardizer », une bombe de même pas 2 minutes poutrement efficaces à la croisée des univers de Rage Against The Machine et de Karma To Burn. La rythmique est métronomique et claque redoutablement, les riffs sont envoyés avec vélocité à grands renforts d’effets overdrivés et les parties vocales oscillent entre le cristallin et le saturé. Vous voyez le style quoi…c’est du bon gros rock qui tache et fait remuer de la nuque.

Intelligemment produit, ce disque – empreint de puissance et d’urgence – est conçu pour envoyer les aiguilles du VU-mètre dans le rouge sans en altérer le contenu avec sa répartition efficace des champs dédiés aux différents protagonistes de cette nouvelle aventure stoner dans la tradition de la vieille école. Au milieu de cette déferlante musicale plutôt orienté bourrin, quand le tempo se ralenti – par exemple sur « 1991 » – on se tape un retour dans le passé sur lequel plane l’ombre du blues pour le soleil rouge (très bon comestible donc). Mais n’ayez crainte les Lourds, cette sortie, issue de notre terroir local, est dopée aux amphétamines et elle accompagnera parfaitement vos prochaines sorties sur vos montures ou vos carrosses made in USA.

Point d’orgue de cet opus à mon sens, « In Cold Blood » est un déluge métronomique qui n’aurait pas dépareillé sur « Almost Heathen » – de qui vous savez – avec les voix en bonus. Une nouvelle bonne surprise donc au rayon produits locaux qui n’a pas à rougir une seule seconde de ses origines lorsqu’on la compare à certaines sorties promues par des majors à statures internationales !

Note de Desert-Rock
   (8/10)

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