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Hornss – No Blood, No Sympathy

A environ 8 666 kilomètres de nos terres françaises se trouve San Francisco. Ca doit venir de l’eau courante de la cité californienne mais il y a quelque chose qui rend la musique du coin… énOrme. Pour peu que deux des membres du groupe soient originaires d’un petit havre de paix proche du désert nommé Palm Spring et là vous commencez à vous dire qu’il n’y a certainement pas que l’eau qui fait la différence…
Hornss débarque avec un premier album sous le bras qui met un gros pavé dans la mare stoner. Formé en 2010, les trois membres n’en sont pas à leur coup d’essai. Précédemment dans diverses formations plus ou moins underground, dont une avec un certain Chris Cockrell (allons vous connaissez ce nom), ces messieurs ont déjà roulé leurs bosses et ça se sent, ils manient les ingrédients et les ustensiles comme des chefs. La recette : prenez tous les groupes originaires du coin (je ne vous ferai pas l’affront de vous les citer), mixez le tout avec un petit piment artisanal de leur confection et vous obtenez un bon gros stoner-doom-punk-groovy-psyché.

Les chansons sont sur des formats courts, l’urgence punk est de mise. 12 titres en moins de 36 minutes, tout est dit. Cette concision amène à la recherche d’efficacité, arrangements directs, jamais simplistes toujours dans l’essentiel. Ne vous méprenez pas en relativement peu de temps breaks assassins, mélodies enchanteresses, refrains accrocheurs et solos sont tout de même de mise. Ca pourrait sonner foutraque, c’est juste parfaitement maîtrisé. Imaginez vous en moto, les paysages défilent et ne se ressemblent pas, pourtant vous ne quittez pas la région et vous faites même quelques pauses en chemin. Les riffs sont variés, massifs, légers, on nous entraîne de la monocorde aux arpèges psychédéliques sans crier gare d’un morceau à l’autre. Effets sur la voix, effets pour enrober certaines chansons, ça sent l’album qui a bien muri au soleil, gorgé de feeling et d’un souci constant apporté aux détails.

Débuter un album par le titre le plus long s’avère toujours risqué, ici avec « The Red Death » et ces 4 minutes 26 secondes au compteur (bâ quoi c’est le titre le plus long !) Hornss vous présente le menu de ce qui va suivre. Comme si l’on connaissait ce groupe depuis le début des années 90, les noms des pionniers de la scène vont faire POP dans votre esprit en permanence. Le groupe peut se targuer de manier aves justesse le desert-rock avec tout ce qu’il a connu comme déclinaison, d’en faire une synthèse avec les influences précédentes et de cracher le tout à la tronche façon «nous sommes Hornss et on va vous botter l’esprit». « Maker of the Moon » évoque le fantôme de Sleep (il faut dire que la voix y est pour beaucoup), « Ejaculation of Serpent » s’offre une voix féminine pour alléger le propos et mieux vous envouter dans les méandres enfumés de son psychédélisme. « Vine priest » donne une leçon de riff bucherons, ne pas headbanguer est synonyme de mort cérébral. Et ainsi chaque titre déborde d’une classe non-classieuse de première bourre.

On aimerait parfois que le trio prenne plus le temps de se jouer de nous de leurs riffs arides aux arrangements groovesques (ou vice versa) et en même temps épurer à leurs substantifiques moelles, les morceaux n’en gagnent qu’en impact. No Blood No Sympathy serait sorti il y a 20 ans ce serait un classique, un vaccin contre toute mauvaise idée d’écouter autre chose. Sorti le 13 mai chez RidingEasy Records (précédemment EasyRider Records) c’est aujourd’hui une piqure de rappel de pourquoi vous aimez cette musique et de ce qui en fait son essentiel. They are Hornss and they’re gonna kick you mind!

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