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Interstelar – Resin

Dans un groupe de musique, il y a ceux qui se trouvent de suite. Ceux qui adoptent un style, en explorent les tréfonds jusqu’à s’approprier le genre. Et puis il y a ceux qui comptent plus de membres passés qu’actuels, ceux qui se réinventent sans cesse, toujours à la recherche d’un idéal qui leur échappe. Les californiens d’Interstelar semblent appartenir à cette seconde catégorie.

Formé en 2005 à partir d’un split d’Ubyk, Interstelar sortent deux EP respectivement intitulés React in silence et On black Waves, qui aboutissent chacun à la refonte quasi-totale du groupe. L’acharnement de Jason Kothmann fini tout de même par payer, car en août 2016, soit cinq ans après leur dernière sortie, le miraculé Resin pointe le bout de son nez.

On commence par « SiL0 », dont le riff digne d’une chevauchée épique en Arizona et le martèlement des toms de PJ McMullan façon bucheron lancent la machine. Puis on nous lâche « Resin », qui à l’image de « Hold it » et « Behold » comprend une série de riffs bien burnés sur lesquels atterrit la voix spectrale de Jason. Voix dont les accents « TOOLiens » ne leurreront personne.

À bien des égards, cet album vous prendra à revers. Tout d’abord par la présence des titres « Opposite Daze » et « Armada », repris du deuxième EP et réarrangés par le nouveau line-up. Une initiative qui dénote cette volonté de perfectionnement qui semble chère au groupe. Puis par la présence des deux ovnis que sont « High Horse » et « Sequoïa ». Car si le reste de la galette s’articule autour de riffs stoner/grunge, de grooves space-rock, le tout teinté d’un psyché moderne, on est ici bien loin des standards du genre. Certains y verront une proposition nouvelle, l’oasis de fraîcheur dans le désert rock aride, alors que d’autres se demanderont simplement où ils viennent de mettre les pieds…

« Sequoïa », c’est un peu le générique du film. Là où, après s’être rassasié des grosses distos de Gary Gladson et de la rythmique solide de Joe Puccio, on quitte le cinoche en essuyant le popcorn collé sous nos godasses. Une balade en guitare sèche, douce, aérienne, et constellée de motifs mélodiques à la Dream Theater.

Resin se positionne donc au carrefour entre plusieurs dimensions. Un voyage au travers d’univers que je vous invite à découvrir par vous-même. Car chacun y trouvera son bonheur.

 

Note de Desert-Rock
   (7/10)

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