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Spiritual Beggars – Return To Zero

Une demi décennie après leur dernière offrande, le quintette de Mike Amott sort son nouvel album, après le départ de JB : son hurleur au coffre remarquable a préféré se concentrer sur son propre combo, Grand Magus. Il est remplacé ici par un clone efficace, un inconnu au sobriquet grec, sans relief particulier, mais sans lacune non plus.
Après 3 semaines d’écoutes, ce dernier Spiritual Beggars me laisse un sentiment mitigé, que j’ai du mal à objectiver complètement ; ce qui est assez normal avec un groupe que l’on suit depuis plus d’une décennie, auquel on s’attache évidemment. Après diverses tergiversations intra-moi-même, je pense que l’on peut mettre en avant trois postes d’évaluation pertinents sur ce disque, qui se complètent et apportent un regard que je pense complet sur ce « Return to Zero ».

– Premier point : les compos. Mike Amott s’y connaît dès lors qu’il s’agit de composer un hit de hard rock plombé. Pas d’ambiguïté ici, il signe 95% des titres (chant et musique), et ça fonctionne. Les morceaux sont catchy, on trouve plusieurs « hymnes » tout à fait typiques du combo. Après quelques écoutes, on assure les backing vocals comme un seul homme, on joue de l’air guitar à la moindre occasion, et on adore les passages de claviers « very 70’s ». Du très heavy « Lost in yesterday » au sautillant « Star born » (typique SB en tous points !), en passant par les super efficaces « We are free » et « Dead weight », il y en a pour tous les goûts, et Amott touche juste à chaque fois.

– Second point : le genre musical. Ici le bât blesse un peu. Est-ce la lassitude, ou bien la profusion d’albums excitants écoutés ces derniers mois ? Toujours est-il que le virage (très fortement consommé aujourd’hui) vers un gros hard rock 70’s, et ce détachement inexorable des influences « spacy » des premiers albums, me lasse un peu. Il n’y a pas grand-chose d’original sur ce disque, que l’on n’ait pas entendu sur les deux précédents. Le groupe s’enfonce dans ce genre et n’en sort plus grand-chose d’excitant. Il contente ses fans, perfectionne son style, mais perd peu à peu de sa fougue.

– Troisième point d’évaluation de l’album, crucial et primordial : la chanson « The road less travelled » qui conclut l’album. Cette bluette minable, pauvre vieux slow sans âme (on dit même pas poliment « balade » pour ce genre de daube), où le nouveau chanteur Apollo révise son Coverdale à coups de trémolos débiles et de larmoyantes tirades poussives, porté par un son d’orgue Bontempi arrangé dans des toilettes publiques, est indigne du pire album de variétoche française des années 80. Cet immondice, qui porte haut l’étendard du ridicule, lorsqu’il ne pousse pas à vomir son plus récent repas, incite très fortement à appuyer sur la touche « eject » de son lecteur CD dès qu’il pointe le bout de ses piteux premiers accords. Comment un compositeur de la trempe de Amott peut laisser un étron aussi pitoyable sur l’une de ses galettes me dépasse complètement. Pire chanson de la décennie, probablement. La pire dans ma collection de CD, assurément.

Difficile d’apprécier sincèrement et complètement un CD qui se termine aussi piteusement. Mon professionnalisme sans faille et mon objectivité quasi-journalistique prennent toutefois le dessus pour conclure cette chronique par une lapalissade de bon aloi : si vous avez aimé les derniers Spiritual Beggars (et que vous pouvez programmer votre lecteur CD pour zapper la plage n°12), achetez ce disque sans hésitation. Si les années passent et que la nostalgie des premiers albums du groupe vous gagne, vous pouvez envisager de dépenser votre argent ailleurs, c’est pas les occasions qui manquent.

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