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The Obsessed – Sacred

Quand on y pense, cet album de The Obsessed doit beaucoup à la drogue. Enfin disons plus qu’à l’accoutumée. Et pas mal à la police norvégienne aussi d’ailleurs. Novembre 2014, Scott « Wino » Weinrich, figure iconique du metal lent et alors en tournée avec Saint Vitus se fait coincer à la frontière avec 11 grammes (11 putain de grammes !!!) dans les poches. Résultat ? Retour immédiat aux USA assorti d’une interdiction de quitter le territoire et Saint Vitus de faire appel à Ben Ward d’Orange Goblin pour boucler sa tournée. Trois ans plus tard la sanction court toujours et Vitus a depuis décidé de reprendre son chanteur original, Scott Reagers. C’est avec ce dernier d’ailleurs que la légende doom prévoit de re-traverser l’atlantique pour nous rendre visite cet automne, au Fall Of Summer notamment. Et Wino dans tout ça ? Et bien le bougre en a profité pour remettre sur patte The Obsessed, tout simplement. Des multiples projets du bonhomme, The Obsessed est probablement le plus mésestimé en Europe. La faute à un hiatus datant de 1994 et l’enregistrement de Church Within, au peu de concert donnés (malgré un live exceptionnel au Roadburn, puis au Maryland Deathfest en 2012) mais surtout et principalement à ce son heavy rock, typiquement US qui ne semble pas faire recette par ici. Les choses vont devoir changer à compter d’aujourd’hui car The Obsessed vient de verser dans le sacré.

Sacré car respectant le passé, l’album s’ouvrant sur une version réenregistrée de « Sodden Jackal » titre du premier Ep de 1983.

Sacré car remplit raz la galette de riffs, comme seul Wino et Iommi semblent capables d’en pondre.

Sacré car après plus de 20 ans d’attente, publier un tel album relève du messianique.

De bout en bout, Sacred est un album passionnant, prouvant sans forcer qu’il est encore possible de publier un album de heavy rock à la fois pertinent et traditionnel en 2017. Sans rien trahir de ses habitudes sonores, Weinrich et ses comparses délivrent une séries de pépites, serties d’une production sublime, comme sur les touches extrêmement discrètes d’orgue sur « Persevereance of Futility », apportant juste le nécessaire à un son respectueux de ce que doit être un album portant le sceau Wino. Tout ici est sublime, du single imparable « Sacred » à l’instrumental « Cold Blood », seul (petite) faute de goût : le refrain catchy de « Stranger Things » immédiatement rattrapé par « Razor Wire », l’un des nombreux points culminants de l’album. Tout du long de l’album, Wino se confie, chasse ses démons, expie ses fautes et bien sûr balance riffs et soli avec sa classe habituelle. Le résultat peut sans sourciller concourir au titre d’album de l’année. Quelle classe les amis, quelle classe.

Point Vinyle :

Relapse Records a vu les choses en grand, proposant une version collector (250 exemplaires, déjà sold out) en blanc splatter rouge avec pin’s et posters puis une version rouge splatter gold (750 ex) ainsi que des versions en bleu royal et rouge sang (600 ex), or (300 ex) et une version rouge classique. A chacun son option.

Note de Desert-Rock
   (9/10)

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