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DESERTFEST London (jour 2), 27 avril 2013, Camden Town, London, UK

Camden Town was « the place to be » en ce samedi 27 avril. Camden Town, ses punks à chien, ses punks à crête, ses punks agés, ses punks torses-nus, anvahi par une horde de barbus en jeans venus se dégourdir les oreille et écluser de la cervoise pour ce 2ème jour du Desert-Fest. Et quelle journée : House of Broken Promises, Lowrider, Dozer, Unida, Ufomammut….. 

Direction l’Electric Ballroom donc, salle ou se produisent la quasi-totalité de ces groupes. Il est 15H00 lorsque Turbowolf, premier groupe de la journée prend la scène d’assaut. Bon, pour la faire courte, la voix nasillarde et l’orgue Bontempi : c’est pas mon truc ! Difficile d’accrocher donc, d’autant que le son est assez pourri et beaucoup trop fort. Concert à oublier pour moi donc, en allant chercher une bière au bar. 

A peine, revenu à ma place, ô surprise, je tombe sur 2 compatriotes fort sympathiques qui ont fait le déplacement pour le week-end. Bref, le temps passe plus vite en papotant si bien qu’on est surpris lorsque House of Broken Promises monte (déjà) sur la scène. Seay se plaint gentimment d’avoir raté Turbowolf (sarcasme ?) car le groupe arrive à l’instant de l’aéroport, et c’est parti pour un concert ultra-solide. Première constatation : Joe Mora qui remplace Eddie Plascencia à la basse et au chant s’adapte parfaitement au style de HOBP. Le groupe enflamme l’Electric Ballroom (qui s’est bizarrement partiellement vidé après Turbowolf) avec les morceaux de leur unique album Using The Useless. ‘Physco Plex’, ‘Buried Away’, ‘Blister’ : tout y passe, ou presque. Rythmiquement ultra-solide, HOBP enfoncera définitivement le clou à l’occasion d’un ‘Obey The Snake’ de haute volée, repris en choeur par l’audience, et sur lequel les air-guitaristes les plus fous vont se déchaîner. Seay et Mora communi(qu)ent incroyablement avec le public avant d’annoncer le dernier morceau du set, l’inévitable ‘The Hurt (Paid my dues)’. Un grand moment. 

Juste le temps de se rassasier au bar avec mes nouveaux amis gaulois, que voilà le moment attendu par nombre des présents dans la salle : le set de Lowrider, groupe légendaire, qui a accouché d’un unique album en 2000 avant de splitter. Cheveux courts et riffs toujours aussi tranchants, les 4 suédois attaquent avec ‘Upon The Dune’. Bergstrand, Hellquist, Stalfors et Eriksson (qui a exhumé de sa garde-robe la fameuse « puffy shirt » chère à Jerry Seinfeld) reprennent les choses exactement là où ils les avaient laissées il y a plus de 10 ans maintenant. ‘Caravan’, ‘Flat Earth’, ‘Ol’ Mule Pepe’….le groupe enchaine et le public se déchaine. Ca joue toujours aussi fort dans l’Electric Ballroom, mais l’acoustique semble avoir gagné en qualité depuis le passage de Turbowolf. Tout bénéf donc pour nos suédois à l’entame de ‘Texas’ (le premier morceau qu’on a écrit, racontera Bergstrand : à l’époque on avait 18 ans et aujourd’hui on en a 19 !). La fin du set fera la part belle au split avec Nebula (‘Lameneshma’ et ‘Shivaree’) avant un ultime morceau de pure folie, le fameux ‘Ode to Io’ à la fin duquel Bergstrand prendra une photo de la foule et annoncera gaiement qu’il n’attendra pas 10 ans pour recommencer ! Rendez-vous est pris…. 

Au tour de Dozer, autre poids lourd ancestral du stoner made in sweden, de se pointer devant une salle qui est maintenant quasiment pleine à craquer. C’est avec ‘The Hills have Eyes’ que le combo entame son set et se met d’entrée l’assemblée dans la poche. Nos 4 lascars ont l’intelligence de balayer l’intégralité de leur carrière durant le concertt. Ainsi, ‘The Flood’, ‘Rising’, et autre ‘Days of Future Past’ se cotoient et déchainent les plus fervents des headbangers présents à l’Electric en ce début de soirée. Holappa (qui fait la pub de son autre groupe en portant un T-shirt Greenleaf) se démène comme un beau diable et assène ses riffs avec une précision chirurgicale. Mais c’est le binôme rythmique Rockner/Mârthans qui va asseoir le show lorsqu’ils se retrouveront seuls sur scène, après un ‘Headed for The Sun’ d’anthologie, pour une jam session assez incroyable. Proprement hallucinant. Après le retour des 2 gratteux, et au bout d’une heure intense, c’est avec le tonitruant ‘Supersoul’ que le set de Dozer se terminera en apothéose. Un concert mémorable. 

Pas vraiment le temps de se remettre de nos émotions car, a peine réhydratés, Arthur Seay, son neveu Owen et Mike Cancino font leur apparition et se lancent dans un Flower Girl instrumental, morceau qui va servir d’introduction avant l’arrivée de Môssieur John Garcia….bref, le ton est donné et on pourrait débattre longtemps sur l’attitude de diva et de trou du (_i_) de l’ex-chanteur de Kyuss (chose que nous ne ferons pas). Groupe légendaire si il en est, Unida est avant tout une histoire de riffs. Et Arthur Seay est une véritable usine à riffs (ainsi qu’un communiquant hors-pair). Secondé par un Cancino toujours aussi impressionnant derrière ses fûts, mais aussi par son neveu Owen à la basse (à peine 20 piges et déjà un doigté absolument incroyable), Arthur Seay assure comme une bête, tout en finesse et en grimaces. ‘Red’, ‘Vince Fontaine’, ‘Last Day’, ‘Thorn’, ‘Nervous’, ‘Human Tornado’, le set d’Unida, véritable déluge de tubes et de décibels, prend une allure de best-of. Garcia, cerise sur le gâteau, est au mieux de sa voix et finit de transformer l’Electric Ballroom en véritable temple du stoner en ce samedi. Après les avoir raté en 1999 (ah, les joies de rester coincé sur le parking du Dynamo en attendant les navettes qui mène au site alors qu’Unida se produit), je prend enfin ma dose live de musique made in Indio….et force est d’avouer que l’attente valait vraiment le coup. Au bout d’une grosse heure, le groupe quitte la scène avant de revenir pour clore cette journée à l’Electric Ballroom avec les imparables ‘Dawrf it’ et ‘Black Woman’. Garcia, sortira de scène avant la fin du morceau (sans avoir prononcé le moindre mot à l’attention du public durant l’intégralité du set) et laissera à ses compères le soin de terminer de manière instrumentale cet excellent gig commencé de manière instrumentale. Quelle claque ! 

Les lumières se rallument, l’Electric Ballroom se vide, et je prends vite la direction de l’Underworld, à quelques mètres de là, pour assister au final d’Ufomammut. Je m’engouffre donc dans cette caverne qu’est l’Underworld et ne profiterait que de 10 petites minutes de fureur sonore. Le son est d’une qualité exceptionnelle, le groupe joue très fort, c’est lourd, très lourd, ultra-lourd. Ufomammut n’est pas réputé pour faire dans la dentelle, la poignée de spectateurs présents dans l’ambiance suffocante de l’Underworld ne diront pas le contraire. 10 petites minutes de fureur sonore donc, de headbanging intensif, et malheureusement c’est déjà fini……quel dommage ! 

Dommage également de rater Elvis et Brann (un grand merci pour l’après-midi et les bières), mes amis Gaulois, pour s’en jeter une dernière avant de lever le camp et de clore une journée qui restera gravée dans ma mémoire. Le Desert-Fest est vraiment une belle réussite.

stonerpope