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MARS RED SKY (Octobre 2014)

C’est lors du Up in Smoke, que Mars Red Sky a bien voulu répondre à nos menues questions. Après avoir aidé les lascars avec leur merch, taillé le bout de gras avec le chanteur sur ses albums solo, j’ai la chance d’avoir, attablés autour de moi Julien, Jimmy et Matgaz pour ce qui va s’avérer être une heure de discussion passionnante sur le groupe, son dernier album, sa vision de la musique, le tout au son du live de Lonely Kamel (dont le set se déroule sur la scène à côté) qui viendra ajouter un peu de suspens à l’interview, les chameaux ne lésinant pas sur les décibels.

Quelques heures plus tard, Mars Red Sky allait mettre le Up In Smoke à genoux avec un show maîtrisé, un son aux petits oignons mixé par Dieu, leur ingé-son, et une interprétation surpiquée velours 4 étoiles de leur dernier album. On ne le répétera jamais assez, Mars Red Sky est un grand groupe. Merci Messieurs.

 

 

Parlons un peu de « Stranded in Arcadia » voulez-vous ? On peut revenir sur sa « naissance » brésilienne ?

Jimmy – On devait enchaîner quatre dates brésiliennes en septembre 2013 avec une date argentine puis partir sur la côte ouest américaine pour enregistrer l’album. On s’est retrouvés finalement coincés au Brésil pour des histoires de papiers…

Matgaz – Oui, avec le choix de rester une semaine à se dorer la pilule sous le soleil sud-américain ou bien mettre ce temps à profit.

Jimmy – Du coup, notre ami Felipe (qui a monté la tournée brésilienne) nous a hébergé et nous a mis en contact avec Gabriel Zander qui possède le studio d’enregistrement Superfuzz sur Rio. La belle rencontre est là. En quatre jours nous avons mis en boite la quasi-totalité des titres, exceptés pour les voix.

 

Gabriel Zander donc…

Julien – Il a tout de suite compris notre univers. Il était venu nous voir jouer quelques jours auparavant et a su capter le feeling que l’on voulait. Son mix de « Hovering Satellites » nous a convaincu. C’est un morceau important, qui devait représenter Stranded.

Matgaz – Il est musicien aussi avec une réelle écoute. Il a su nous orienter et accompagner les idées avec intelligence.

 

J’imagine que la collaboration ne fait que commencer ?

Julien – C’est sûr qu’on a très envie de retravailler avec lui.

 

 

Revenons sur l’album. Avez-vous déjà joué « Stranded in Arcadia » dans sa totalité ? En écoutant l’album dans la voiture en venant, on constatait l’étonnante cohérence de la tracklist et de son évolution.

Jimmy – On ne l’a pas encore joué comme ça. On commence souvent nos set par le dernier morceau, « Beyond the light » mais ça pourrait être intéressant de le proposer tel qu’il a été pensé.

C’est cool de le percevoir de cette manière. De manière générale, on travaille toujours la cohérence de l’édifice, de son ensemble, afin de proposer une vision globale de notre musique. De la vidéo au sonnous faisons vraiment attention [ndlr : ce qui transpire vraiment en live, le groupe proposant une immersion totale] . Un peu a l’image du « Into the Mars Red Sound » [ndlr : soirée spéciale pour la sortie de leur album qui se déroulait sur plusieurs strates artistiques, expositions, création sonore et concert bien sûr, ndlr].

 

J’écoute vraiment cet album avec l’idée de boucles et de points de ruptures, avec cet « Arcadia » et sa double pédale…

Matgaz – Y en a pas…

 

C’est porc !

Matgaz – Merci ! (rire)

 

D’ailleurs, quand est-venue cette idée du chant frêle et délicat avec cette base musicale très sourde, heavy, grave ?

Julien – Elle est là depuis le début de Mard Red Sky quand avec l’ancien batteur, Benoit Busser, nous avons créé le groupe. Je voulais dès le départ cette association avec un son de gratte fuzzé, joué à la Big Muff, ça a donné « Strong Reflection ».

 

 

Ouvrons un peu le chapitre « on the road ». Comment vous êtes-vous retrouvés à ouvrir pour Détroit (le nouveau groupe de Bertrand Cantat) ?

Matgaz – C’est eux qui nous ont demandé. Ils avaient l’habitude d’emmener des groupes qu’ils aimaient faire leur première partie lors de Noir Désir déjà. Pour ce nouveau projet et cette tournée, c’est tombé sur nous.

 

Comment a réagi le public de Détroit à l’univers de Mars Red Sky du coup ?

Jimmy – Bien. Très bien même. Les gens venaient nous voir à la fin pour nous dire qu’ils avaient apprécié et que c’était une très bonne découverte pour eux. On ne regrette pas du tout d’avoir dit oui et d’avoir pu toucher un public différent de celui que l’on côtoie habituellement.

 

 

En parlant d’ouverture, comment vous êtes vous retrouvés à signer chez Listenable Record, un label plutôt métal ?

Jimmy – Une fois de plus, c’est eux qui sont venus nous voir. Alors, certes, c’est un label typé métal mais quand on voit le travail de développement qu’ils ont fait, notamment pour Gojira, on y a vu une belle opportunité pour nous.

Matgaz – C’est aussi le fait de pouvoir toucher un public plus « métal » que le nôtre, d’ouvrir le champ des possibles.

Julien – Oui, et évidemment, les mecs de Listenable sont avant tout des gens adorables, ce qui ne gâche rien.

 

Pourquoi sont-ils venus vous voir, vous, à votre avis ?

Jimmy – Peut-être l’intérêt d’avoir un groupe un peu différent dans leur catalogue, pouvoir proposer une touche visuelle, psyché à leur public.

Matgaz – Oui, et espérons que ça soit aussi parce qu’ils aiment notre zic ! (rire)

 

Quelques mois après, contents du choix d’avoir intégré le label ?

Jimmy – Oui. Toujours très content.

 

 

Comment expliquez-vous le fait de tourner plus à l’étranger qu’en France ?

Jimmy – Très simplement. C’est que les lieux, les offres et opportunités y étaient les plus nombreuses. Mais le phénomène tend à diminuer. Les initiatives sont plus nombreuses maintenant en France, l’essor du mouvement « stoner » prenant plus d’ampleur. On le voit avec les Stoned Gathering à Paris…

 

Ou les « Make it Sabbathy » sur Bordeaux…

Jimmy – tout à fait. On va faire notre 11ème plateau bientôt avec toujours un bon retour du public sur les concerts et la programmation. [ndlr : maintenant 12ème ou 13ème édition avec par exemple Kadavar dernièrement]