X

SOLENOÏD – octobre 2007

C’est avec Frenz, le frontman de la formation de Genk que nous avons fait le point quelques jours avant la participation de la formation flamande au fameux Buzzfest. Livrant un rock’n’roll lourd et furieux, le quintette du Plat Pays s’illustre dans un style bien débridé et demeure un vivier vu les projets parallèles de ses membres qui vont bientôt bouter le feu à vos platines avec l’arrivée d’un premier opus ces prochains temps.

Salut Solenoid, vous jouez au Buzzfest ; comme le style musical dans lequel vous vous illustrez est un peu éloigné de celui pratiqué par les autres groupes à l’affiche, pourriez-vous m’expliquer comment vous avez fait pour vous retrouver à ce festival ?

Il y a quelques mois nous avons été contacté par Buzzville et ils ont dit qu’ils étaient intéressés de distribuer notre premier cd long format. Le résultat de ceci c’est qu’après de nombreuses négociations et des cuites, nous allons commencer notre tournée promo et le Buzzfest sera le premier d’une suite de concerts.

Qu’attendez-vous de votre participation à ce festival ?

Dévorer de la chair fraîche et atteindre des oreilles vierges bien sûr. Oui c’est dans le but de trouver plus de dates de concerts.

Au sujet de votre style musical, comment le décririez-vous ?

Quelque chose de basé sur le hard rock des années quatre-vingt avec une certaine hargne.

 

Quels sont les groupes qui ont influencé votre style musical ?

Motörhead, Slayer, The Hellacopters, Iron Maiden, Mastodon, Supersuckers, Mercyful Fate, Black Sabbath, Zeke, Saxon, Corrosion of Conformity, AC/DC, High on Fire, Kiss, Trouble, Five Horse Johnson, Metallica, Discharge, Thin Lizzy, Hüsker Dü, Soundgarden, Tool, Entombed, Judas Priest, Kyuss, Dinosaur jr, Crowbar, Dio, pour t’en citer quelques-uns.

Vous avez essentiellement tourné en Belgique et avez effectué quelques concerts en France et en Allemagne. Quelle est la principale différence entre ces publics ?

C’est un des bénéfice que d’habiter dans un petit pays comme la Belgique, tu ne tourne pas, tu te déplaces simplement d’un show à un autre et toutes les nuits se finissent dans ton propre lit. Le public belge écoute vraiment ce que tu fais, tu n’as pas de différence notoire. C’est dû au concentré de melting pot musical dans lequel nous évoluons ; tous les styles imaginables se retrouvent dans un espace restreint. Puis les gens se mettent à parler de tout ça l’évaluent de temps à autre.

Nous avons été à l’étranger quelques fois et ça a été houleux. Les Français étaient incroyables, ils se sont comportés comme si nous étions les rockers qu’ils attendaient. Pas de bullshit ! C’était merveilleux et j’en profite pour envoyer des salutations à Massault, nous nous croiserons à nouveau bientôt.

Quand nous arrivons dans l’univers du hard rock, les Allemands sont stables, constants dans les faits rock : ils sont fous ! Maintenant et pour toujours. C’est un public sauvage et enthousiaste qui boit des énormes quantités de bières, que demander de plus ?

 

Quel est votre meilleur souvenir live ?

Nous en avons eu d’énormes et il n’y en a pas un qui dépasse les autres comme tous les concerts et toutes les foules sont différents. Nous avons des souvenirs un peu troublés d’un show que nous avons fait dans le cadre d’un concours national il y a quelques temps. Nous n’avions pas l’air de toucher le public et après avoir joué, seul un nombre limité de rockers à la tête dure se sont concertés pour nous trouver une solution. C’était vraiment drôle.

Quel est le meilleur show auquel tu as assisté ?

Personnellement je te répondrai que c’est toujours No Means No et c’est la même chose à chaque fois que je les vois. Je ne te les ai pas mentionnés dans nos influences parce que c’est certainement pas un groupe de métal, mais pour moi aucun groupe ne peut être plus vivant sur scène qu’eux. Il me vient aussi à l’esprit la première fois que j’ai vu Slayer. Rien d’autre à ajouter j’en suis certain.

Vous êtes originaires de la région flamande. Quelles sont les relations entre les groupes de votre région et ceux de la région francophone ?

C’est une vraie honte. Etonnement il n’y a aucun échange entre les formations des deux régions. Le gap économico-social existe toujours dans ce petit pays et il se manifeste aussi dans le contexte culturel. C’est simplement deux mondes différents quoique nous essayions d’avoir plus de shows en Wallonie et pratiquons un peu plus le français.

 

La Belgique semble au bord de l’explosion. Comment la jeunesse réagit-elle à tous ces problèmes politiques ?

Les structures politiques belges ont toujours été des sujets de mémoires dans les universités mondiales. C’est tellement compliqué que je pense que les gens d’ici ont toujours en tête qu’il faut du temps pour former un nouveau gouvernement. Cela prend un peu plus de temps maintenant car les régions défendent plus que jamais leurs propres valeurs et leur unité. Notre pays n’est pas réellement dans la panique et nous n’allons pas entrer dans une période de crise profonde. Bien sûr que lorsque notre équipe nationale de football se qualifie pour un grand tournoi nous sommes à nouveau tous belges.

D’une certaine manière nous avons banni le charabia politique du groupe, nous aimons à penser que la musique et la politique ne se mélange pas bien, ça dépend de tes motifs pour commencer quelque chose dans ton optique. Bruxelles-Halle-Vilvoorde n’est pas sur notre setlist.

De quelle manière bénéficiez-vous des structures étatiques pour pratiquer votre musique ?

Les compétitions pour talents locaux sont sponsorisées par les instances régionales et d’importantes sommes d’argent ont été investies dans les centres musicaux. A Hasselt, tu as le Muziekodroom ou le MOD, un melting pot énergique situé dans une zone industrielle. L’éducation et le divertissement sont concentrés dans un immeuble. Suivant cet exemple, Anvers a ouvert son propre centre nommé Trix.

Comme vous n’avez pas encore sorti votre premier long format, quand comptez-vous le faire ?

Notre premier long format est actuellement en cours de mastering. La sortie officielle ne devrait pas tarder. Nous avons enregistré en août 2006 et depuis les choses sont allées de mal en pire. Atteindre le niveau final de production a remis le groupe à l’aise.

 

Qu’est-ce qui vous a motivé à pratiquer ce style assez lourd ?

Nos influences je pense. Nous aimons tous écouter de la musique qui peut réellement te secouer donc pourquoi ne pas jouer de manière lourde aussi ? C’est ce que nous avons fait.

Avez-vous des side project ?

Oui, je suis personnellement dans The Killbots et nous allons sortir notre premier album début septembre. Nous pratiquons un rock roots avec des pointes de stoner ainsi que des franges psychédéliques.

Mr Mama est le deuxième groupe de Roel, ou le premier. Nous ne pensons pas à ces groupes en tant que side project. Tous les projets sont égaux, quoi que les priorités changent parfois entre les groupes selon les opportunités de trouver des gigs. Mr Mama est une formation qui envoie le bois de manière forte avec un punch destructif.

Quels sont vos projets futurs ?

Gardez les choses simples et amusantes, avoir plus de possibilités de nous produire sur scène à l’étranger et enregistrer du nouveau matériel dans un futur proche.

octobre 2007 par Chris.