Alastor – Slave to the Grave

Label : Riding Easy Records (2018)
Chroniqué par Laurent

On s’est construit une relation étrange avec Riding Easy depuis quelques mois. Après une série de premières sorties détonantes, marquées par des découvertes / révélations fulgurantes et solides (Monolord, The Well, R.I.P., The PictureBooks, Holy Serpent…), le label a depuis parfois dilué son aura dans quelques sorties plus faibles, qui avaient du mal à se distinguer. Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : Daniel Hall reste un grand dénicheur de talent, et on aurait pu passer à côté de ce disque si on ne s’en était pas rappelé…

Alastor, donc, quatuor suédois tout jeune par sa structure (naissance en 2016, quelques titres sortis ici ou là…) mais pas si jeune musicalement : les gaillards trouvent leurs racines dans les meilleures productions qui ont baigné la fin des années 70 / début des années 80. Vous me direz : c’est le cas de bon nombre de sorties des derniers mois / années, et pas toujours la garantie d’une grande réussite musicale en soi. Certes, sauf que là, le résultat est d’une qualité remarquable, fruit d’une synthèse si réussie que l’on croirait nos jeunes loups en provenance directe du siècle précédent.

Le groupe tape dans tous les sens et fait mouche à chaque fois. Insolent. Le doom séminal de « Your Lives are Worthless » traîne sa froide langueur sur presque 10 minutes gorgées en riffs pachydermiques 100% AOC. « N.W 588 » convoque les meilleures références du heavy metal des années 80 et y rajoute quelques rasades de fuzz croustillant pour faire bonne mesure. Le morceau titre « Slave to the Grave » rappellera les grandes heures de Pentagram sur une première moitié très doom old school, tandis que sa seconde moitié livre une déclinaison entêtante du master-riff, propice pendant 4 bonnes minutes à un déluge de leads roboratives en enivrantes qui emmène le titre aux portes du space rock le plus trippant. Mais le morceau-maître de cette galette réside sans discussion dans les 17 minutes du délicieux « Spider of my Love », un pur joyau de vieux doom classique, où les vocaux légèrement nasillards de Dharma Gheddon (!) viennent se caler sur un riff monolithique joué avec une lenteur extrême mais évidente dans le contexte. Le morceau, emmené sur sa longueur par un clavier qui trouve impeccablement sa place, se conclue pendant plusieurs minutes sur une orgie de soli jouissifs. Bon, les 8 min de « Gone », bluette électro-acoustique terminant sur une section « on tape des mains en rythme au coin du feu », s’avèrent être le passage facultatif du disque, clairement. Mais sur presque une heure de musique, on ne va pas chipoter non plus !

Le plaisir est au rendez-vous dès les premières écoutes, et les suivantes s’enchaînent sans jamais l’ombre d’un déplaisir. Quel excellent premier album ! On sort de ce disque repu, souriant, avec le sentiment qu’on en a eu largement pour notre argent. Et on n’a qu’une envie désormais : voir le groupe en live.



Note de Desert-Rock :
   (8/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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