Golden Pig Electric Blues Band – Hitchhiking To Oblivion

Label : Heavy Hermit (2006)
Chroniqué par Thomas

Golden Pig Electric Blues Band - Hitchhiking To Oblivion

A l’écoute de ce disque me vient une question que j’aurais du me poser depuis longtemps, le fait d’habiter la campagne depuis ma naissance (rural kid power) n’a-t-elle pas influencé ma façon d’aborder le stoner ? Serais-je sinon, comme la plupart des citadins aficionados de musiques lourdes que j’ai pu côtoyer, plus enclin à apprécier les doom et sludge revêtant un aspect plus sale et urbain ? Pourquoi cette introspection à deux balles dont vous n’avez que faire ?
Tout simplement parce que la simple vision de la pochette de ce nouveau méfait de l’orchestre du porc doré, de ces bois verdoyant, me rappelle ceux derrière mon habitation, qu’il n’y a qu’un pas à faire pour retrouver ces trois chevelus sur la route en train de faire de l’auto-stop pour l’oubli et me joindre à eux. Donc apprécierais-je autant ce groupe si j’avais grandi dans un appart dans la capitale avec comme seul horizon les HLM et les nuages de pollution au lieu de ces champs labourés, ces bosquets et ces restes de forêt éparpillés sur ces semblants de collines (pas très nombreuses en Lorraine malheureusement, mais que voulez-vous, l’herbe est toujours plus verte chez son voisin) ?

Sans avoir la moindre certitude concernant la réponse, je peux néanmoins vous assurer que mon parcours ‘rural’ à jouer dans l’attirance que j’ai éprouvée pour ce disque tout vert. Vert dans son image, mais aussi dans son son. ‘Hitchiking’ a beau être le second album du trio, il en a gardé la fraîcheur et la spontanéité, tout en parvenant paradoxalement à un degré de sophistication plus important. On sent les 3 gaillards désormais rodés au genre qu’ils ont créé. Toujours riffeur avec cette chape de plomb particulière, les mélodies se font plus affinées, certains refrains, toujours chantés par cette voix juvénile complètement décalée (encore plus quand on se demande duquel de ces 3 bûcherons colossaux elle jaillit), deviennent même des hymnes à l’effet persistant (‘Born to lose / Nothing to prove’). Pas un morceau n’est à déprécier, de l’intro ringarde mais pourtant voyageuse à l’enchaînement de gros riffs qui s’ensuit aux différentes compositions, hargneuses mais entraînantes, aux accélérations pataudes mais jubilatoires et surtout sans la moindre prétention.
Sans doute le point le plus important à retenir de ce disque, ces 3 gars jouent pour se faire plaisir, nous invitant par la même occasion à faire de même, à noter une reprise de Crosby Still & Nash illustrant parfaitement cet état d’esprit.
Respirez un bon coup, appuyez sur play et sentez les effluves de verdure montez jusqu’à vous. Je vous laisse, je vais faire du stop avec eux.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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