WuW – Rien ne nous sera épargné


 

Quand on a appris que Guillaume et Benjamin Colin, rien moins que la charnière rythmique de Abrahma, se lançaient dans un projet musical en duo, forcément on a suivi le projet de près. Petit à petit, WuW a commencé à construire l’imagerie du groupe-projet, énigmatique et dark, teasant quelques extraits sonores froids et brumeux, annonçant des titres de chansons post-pétiques intrigants, et dévoilant un artwork travaillé, en osmose avec le fond musical… Pas plus d’infos, on se jette donc dans ce LP sans idée préconçue, comme un saut vers l’inconnu.

WuW produit un mélange de plusieurs genres musicaux proches, pour finalement aboutir à un disque cohérent. Difficile de dire que ce n’est pas ce que l’on attendait : on ne savait pas à quoi s’attendre ! 100% instrumental, l’album se situe dans un environnement musical où vont se mêler plans ambient, doom, indus, post-machin, etc… Le gros du travail porte sur l’ambiance, avec des compositions qui sont autant d’histoires sonores et de parcours émotionnels. Prenez « Pour ce qu’il en restera » qui  introduit l’album à l’occasion d’un fade in prenant, avec son élégante montée en régime et ses changements d’ambiance, en tension d’abord puis plus détendue sur la fin. On peut l’associer en miroir à « A l’écart des chemins fatigués de nos habitudes », finissant le disque sur un fade out gracieux, qui commence très oppressant et finit tendu, comme un élan de pessimisme dur et froid.

Le reste de l’album est expérimentations et parcours mélodiques dans la même tendance, où se mêlent des plans de tous horizons, sonorités ésotériques, teintes orientales (« Vivre à la splendeur des crépuscules »), plans quasi-Tooliens (« Voir en même temps l’humour et la tragédie, en toute chose, à chaque instant »), et plus largement recherches sur le son : entre sons de guitare ou de basse travaillés et délires bruitistes (« Une barque sans rames »), tout y passe.

On sort de l’album étonné, un peu déstabilisé et agréablement surpris par la démarche intellectuelle, quasi-poétique de l’objet. Il y a de l’audace, de l’envie et de l’inspiration derrière. En revanche, prévenons nos lecteurs les plus assidus : côté guitares, on n’est pas dans un assaut doom en bonne et due forme, loin s’en faut. Plus d’une fois l’on se prend à attendre le débarquement d’une légitime armada de grattes, d’autres fois l’on imagine au détour d’une intro oppressante la libération venir d’une grosse disto, puis plus loin au détour d’un break reposant se manger en pleine poire un mur d’amplis… Mais rien de tel. En même temps, la promesse n’est pas trahie et le disque reste très intéressant, pour un public ouvert d’esprit.

Note de Desert-Rock
   (6.5/10)

Note des visiteurs
   (9/10 - 6 votes)

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