11Paranoias – Asterismal


Lorsqu’en 2016 sortait Reliquary For A Dreamed Of World, votre serviteur n’hésitait pas à qualifier 11Paranoias de groupe parfait. Et c’est un adjectif que je maintiens. Le trio continue à produire sa magie noire en totale indépendance, à sortir ses disques via leur petite (mais Ô combien qualitative) structure Ritual Productions et à enchanter par une liberté musicale (l’intransigeance du son du groupe est saisissante), et artistique (les pochettes du groupe défrichent des techniques visuelles passionnantes).

11Paranoias n’a pas changé d’un iota sa recette, consistant à la parfaite synthèse des préoccupations musicales de ses protagonistes, à savoir marier la radicalité doom, extrême et intransigeante de Ramesses avec le drone à haute teneur en sombre psychédélisme de Bong. Derrière les vocaux hallucinés, les riffs de guitares à la saturation maladive et le martellement rythmique – comme si un Hawkwind des ténèbres percutait le cosmos lors d’un rituel païen – se trouve une volonté doom indéniable. Un doom perfusé au space rock, un doom satellitaire, un doom drone, mais un doom libéré de l’idée même d’une structure classique, avec des couplets et un refrain.

La basse est monstrueuse, frappant le bas ventre, tenant la structure tandis que Mike Vest exprime toute son inadaptation musicale dans de longs râles de guitares. 11Paranoias est le jam band des enfers, Une sorte de Earthless condamné aux entrailles de la terre. Radical, rituel, le son du trio invite à un douloureux voyage, aspire l’âme et offre avec ses deux pièces épiques « Acoustic Mirror I et II » 25 minutes d’hallucination psychotropes à la froideur maladive, que n’aurait pas renié Bell Witch. L’album est parsemé de trouvailles sonores, offrant quelques prises dans le maelstrom doom ravageant nos convictions avec une inéluctable lenteur. Le pont de « Quantitative Immortalities », le riff « Weedian » de « Loss Portal » sont autant d’espoirs vite ensevelis sous l’intransigeance de ce disque décidément sublime de bout en bout pour peu que la radicalité psychédélique et la pachydermie du groupe soit pour vous une douleur transcendantale plutôt qu’un éprouvant moment.

 

Point Vinyle :

Ritual Production est un label généreux et ses sorties, souvent confidentielles, font la part belle aux arts visuels chiadés. Après un sublime cliché d’un tableau de Marx Ernst, puis une visuel tridimensionnel à regarder via des filtres de couleurs, voici que les deux éditions spéciales de cet album (éditées chacune à 50 exemplaires) sont faites à la main, à base de pochoirs sérigraphiés. Une édition classique est également disponible et plus facile à trouver.

Note de Desert-Rock
   (8.5/10)

Note des visiteurs
   (9/10 - 2 votes)

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