Oreyeon – The Grotesque Within


En une grosse dizaine d’années (on n’est plus sur un jeune groupe), Oreyeon ne s’est pas encore frayé un chemin vers les sphères séduisantes de la célébrité et de la reconnaissance internationale. Pourtant, sans aucun faux-pas, ses albums jusqu’ici ont à chaque fois montré une belle qualité et, toujours, une progression. Il ne nous en fallait pas plus pour se jeter avec intérêt sur cette nouvelle galette des italiens.

La profusion de formations transalpines qui se réclament de la scène stoner/doom/sludge impose le respect et un peu l’étonnement pour le novice. Or c’est vite oublier la riche histoire de ce pays en tant que contributeur de notre scène musicale de prédilection, et ce depuis plus d’une grosse génération au moins. De même, de nombreuses structures sont installées dans la Grande Botte pour permettre de soutenir et développer ces talents (la francophonie a vraiment de quoi rougir, en termes de quantité, sur ces deux aspects). En revanche, on croit trop souvent et trop vite que tous ces groupes se ressemblent, aspirés dans une veine stoner sablonneux et psych un peu passéiste, que l’on s’imagine volontiers en image d’Epinal, avec des groupes jouant sur les plages de sable de Piscinas au coucher de soleil… Dans l’ombre de ces encombrants clichés, plusieurs formations, dont Oreyeon, font preuve de fraîcheur, voire d’originalité. S’il est difficile de ne pas parler de stoner à l’écoute des murs de guitare fuzzées qui sortent des haut-parleurs, Oreyeon en propose une déclinaison qui lui est propre. Plus qu’à son tour, on pense à feu-Alastor, formation scandinave qui proposait elle aussi une qualité d’écriture hors norme ; dans un courant musical un peu différent, les italiens transcendent leur musique grâce à un travail de composition bien plus abouti que le commun des formations qui croisent nos oreilles. Résultat, les chansons de The Grotesque Within vous accompagneront longtemps après avoir écouté l’album : les mélodies sont accrocheuses, et chaque nouvelle écoute ravive le plaisir de les découvrir à nouveau.

En outre, le groupe barde ces mélodies séduisantes d’atours encore plus accrocheurs : des arrangements sympa, petits apports sonores originaux ici ou là qui apportent un peu de relief au son, mais surtout des plans audacieux, qui viennent accompagner et structurer leurs compositions. Qu’il s’agisse de breaks venus de nulle part, de changements de tonalités ou de rythmes atypiques, tout est pertinent et efficace.

Si, musicalement, tout le monde est au rendez-vous (bien aidés par une prod plus que solide), le chant s’avère être aussi l’un des marqueurs forts du groupe, Richard Silvaggio s’avérant être un vocaliste efficace, dont les lignes sont parfois agrémentées d’un support en chœur qui ajoute encore en amplitude sur plusieurs refrains ou couplets.

Tout n’est certes pas rose et The Grotesque Within n’est pas parfait : ses 36 minutes en appellent un petit peu plus pour l’auditeur gourmand, et quelques titres séduisent un peu moins (à l’image de « Nothing but Impurites – Part 2 » pour votre serviteur). Mais il faudrait être sourd pour ne pas goûter à leur juste valeur des petites perles comme cet enchaînement de roi « Echoes of Old Nightmares » / « Nothing but Impurites – Part 1 » ou encore le glorieux morceau-titre un peu plus loin, entre autres.

The Grotesque Within est donc une galette de grande qualité, qui méritera bien mieux que le traitement modeste qui lui sera probablement réservé (faible aura médiatique, faible présence scénique du groupe). Une vraie rondelle de plaisir qu’il ne tient qu’à vous de vous offrir.

 


 

Note de Desert-Rock
   (8/10)

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