Camel Driver – \ /


 

Camel Driver pourrait devenir spécialiste des pochettes d’albums mettant en scène un dromadaire ,(oui, je suis certain que c’est un dromadaire et je suis persuadé que tu ne veux pas savoir comment je l’ai appris), pour leur second LP le trio met en abîme le camélidé de l’artwork précédent et attire l’attention par ce biais. De fait je me dis qu’il en faut parfois peu pour attirer l’attention de l’auditeur et du côté du titre nos zikos de Kiel ont probablement appliqué ce principe. \ /, voilà un titre qui ne ressemble à aucun autre et qui pourrait laisser présager un grand foutoir au sein de la plaque.

L’ouverture feutrée et paisible de \ / laisse rapidement la place au second titre “Marrazahn” où le gratteux égraine les notes à la vitesse d’un parangon de Radio Moscow. Cette pulsation entre calme et fougue va battre tout au long des cinquante minutes de l’album,  un enchaînement de titres mid tempo entre planant et pesant, intercalés de compositions plus excités. Pour ceux qui avaient suivi le précédent album, il faut dire que cette plaque est moins chargée d’énergie juvénile, plus épurée et ses titres plus construits.

En Jam band Stoner psyché instrumental, Camel Driver trahit probablement l’originalité du titre de son album mais pas ses frères d’arme. On retrouve dans leur musique les oscillations d’un My sleeping Karma, la saveur d’un Stone From The Sky ou en filigrane des sonorités gavées de Mother Engine et consorts. (“Vulcan” résume assez bien tout cela) En revanche avec son nom, Camel Driver ne triche pas, et affirme son amour des sons orientaux régulièrement. Cependant ce n’est jamais lourdement imposé, le trio saupoudre ses titres de petites phrases en forme de rappels comme avec “Inferno”, “Marrazahn” ou “Bazaar”. Ce dernier titre d’ailleurs contient quelques lignes de basse dont il faut louer la qualité. Les harmoniques balayent toute objectivité quant à l’analyse du titre et ce très beau travail emporte ensuite l’auditeur vers des contrées plus agressives,  donnant à entendre un grand écart entre Jazz fusion et Métal.

Il faut peu d’écoutes pour comprendre que ce trio c’est un peu Ripolin,  peignant couche sur couche. Le millefeuille fonctionne plutôt pas mal d’ailleurs mais il faut avouer que parfois c’est un poil le foutoir comme sur “From Ignition To Full Thrust” qui passe par toutes les étapes des genres précités et fonce vers le Post Rock. A ce propos, je m’interroge toujours quand un groupe a pris beaucoup de temps entre deux plaques (Ici, il aura fallu six ans). N’a-t-il pas trop de choses à dire et ne se perd-il pas dans ses ambitions ? Cette question posée je dois admettre cependant que “From Ignition To Full Thrust” m’a paru savoureux. Cette migration vers le post Rock pourrait même constituer une suite logique pour l’écriture de Camel Driver.

A embrasser \ / dans sa globalité je me demande un peu avide ce que pourrait donner la prochaine plaque de ce groupe qui a de quoi causer pendant des heures. Les cinquante minutes de cette galette paraissent bien peu même au fil des écoutes et on souhaite ardemment une suite rapide pour Camel Driver afin de se fixer sur leur évolution. En attendant, je ne saurai que vous recommander l’acquisition de ce sublime artwork et de cette production des plus enthousiasmantes.

 

Note de Desert-Rock
   (8/10)

Note des visiteurs
   (9.4/10 - 5 votes)

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1 commentaire
  • Le dromadaire est juste un chameau des zones chaudes. Son autre nom est d’ailleurs chameau d’Arabie. 🙂
    Sinon ce nouveau Camel Driver manque de kazoo et de triangle dont l’usage osé du premier opus apportait un peu de fraicheur.

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