Compilation – The Wall (Redux)


Il y a Pink Floyd et il y a “The Wall” de Pink Floyd ! D’un côté une légende du rock psychédélique (qui a marqué le stoner quoi que certain de mes proches s’autorisent à penser) et de l’autre un concept album issu du cerveau tourmenté de Roger Waters, jadis l’âme de la formation britannique. Il y a à ma gauche des skeuds pour hippies à vestes à franges et à ma droite une démarche résolument nihiliste orchestrée pour être livrée sous la forme d’une véritable performance live genre, genre opéra déglingué, de sa genèse à son apocalypse. Il y a le goret qui vole au-dessus de Battersea Station et il y a l’œuvre cinématographique d’Alan Parker qui a sublimé « The Wall » dont la musique est à jamais associée aux images d’un film qui a fait date. Il y a aussi moi-même qui découvre ce joyau du rock alors que je commence à voir mon faciès se consteller de points noirs et blancs des plus disgracieux. Il y a ce petit suisse qui commence à avoir des émanations malodorantes qui s’échappent d’aisselles se couvrant d’un duvet de poils et qui use jusqu’à la corde la cassette sur laquelle la sœur d’un de mes potes a enregistré ce chef d’œuvre. Il y a ma pomme qui grandit avec cette masterpiece qu’il a acheté dans de multiples déclinaisons et sous toutes ses formes ou presque. Joie fût mienne quand ce double album sortit sur ce nouveau format qu’était alors le CD, ravissement fut mien lorsque des brigands sortirent des captations live que le groupe interpréta alors que je n’étais encore qu’un jeune padawan, mais déception fut aussi mienne lorsque certains audacieux firent leurs les titres de ce mythe. Rage fut mienne quand des artistes de renom (#balancescorpions) se cassèrent les chagnottes en dénaturant, saccageant, voire dégradant de manière outrancière ces joyaux appartenant à notre héritage commun de rocker !

Échaudé par les moult tentatives de réinterprétation de ces ogives, je me suis attaqué à cette énième réinterprétation de ma madeleine qui proute ne sachant si j’allais tenir le choc ou si cette production rejoindrait mes étagères sans même effectuer un deuxième tour sur ma platine avant de se parer de poussière pour l’éternité. Le résultat est bandant, brillant, époustouflant et le génie de l’écriture de cette œuvre à charge conjugué à celui des formations s’étant attelées à réactualiser ces bandes vintage en font une pièce que tout esthète du rock se doit de détenir dans sa discothèque ; il n’y a pas photo, il n’y a pas d’excuse et il y aura sanctions ! « The Wall » est une œuvre majeure du siècle passé et les zicos invités à en donner leur relecture – parfois peu aventureuse en ce qui concerne l’éloignement par rapport à l’original je le concède – font mouche à tous les coups. Comme diraient des Germains : « No Fillers – Just Killers ». Parmi les tueurs il y a du beau monde : The Melvins, Sasquatch, Greenleaf, ASG, Mos Generator, Mars Red Sky (cocoricoooooo), Solace ou le mythique Scott Reeder (et j’en passe). Vous en voulez plus ?

Allez poser vos fabriques à cérumen sur la chavirante version de « Vera » que nous livre Ruby The Hatchet avec une touche féminine qui sied à merveille à ce titre qui transpire le mal de vivre par tous les pores et prolongez la sentence avec « Nobody Home » par Mark Lanegan tout seul avec une ligne acoustique laissant tout le champ à son timbre dépressif : une déclinaison sur laquelle Nick Cave n’aurait pas craché. Allez vous plonger dans l’envoûtante relecture que Summoner fait de l’hymne « Hey You » en faisant sienne la suite d’accords plaqués jadis avec maestria par les Anglais pour la délurer à grands renforts de rythmique bien stoner avec des saturations bienvenues. Faites vous du bien avec « When the Tigers Broke Free », titre essentiel de cet opéra rock relégué sur l’album The Final Cut, mais présent sur cette plaque par l’entremise de Year Of The Cobra qui lui ajoute vociférations et en prime une ligne de basse tueuse en première ligne. Prenez-vous en à vous-même avec « Empty Spaces » transposé par Domkraft qui incarne merveilleusement bien le propos de ce titre en lui donnant les atours psychotiques qu’il mérite. Rejoignez la frénésie avec « Run Like Hell » déployé de manière véloce, mais pas dénaturé pour autant, par Pallbearer.

Bordel ! Courrez chez votre disquaire procéder à l’acquisition de cette réussite qui aligne la fine fleur du stoner pour l’allier à la créativité du génie torturé et vindicatif de Roger Waters qui commit encore le prolongement de « The Wall » avec « The Final Cut » (vous savez l’album où nous retrouvons des titres de ce chef d’œuvre qui figurent au générique d’un film pour lequel Alan Parker n’a pas reçu une Palme d’Or pourtant méritée) avant de tourner le dos à Pink Floyd, mais pas à « The Wall » qu’il trimbale encore par-delà le vaste monde histoire d’alimenter son plan retraite. Pendant que vous y êtes écoutez aussi l’original : il est très bon et matez le film qui retranscrit avec brio le désespoir d’une génération entière de Britanniques, repensez à sa réinterprétation avec des guests (dont certains approximatifs dans leur approche de morceaux légendaires ; que faisait la police du rock ?) à Berlin lorsqu’il incarna la chute du mur séparant deux mondes et des milliers de familles ; considérez ensuite les murs en construction en Europe, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient… bref découvrez, écoutez, redécouvrez et réécoutez cette chose auréolée qui le vaut bien !

Note de Desert-Rock
   (9/10)

Note des visiteurs
   (9.4/10 - 5 votes)

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1 commentaire
  • La reprise du classique par Sasquatch est ENOOOOORME

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