Egypt – Endless Flight


egyptflight

Egypt est de cette mouvance stoner américaine qui ne s’embarrasse pas de détails. A l’instar de Wo Fat, avec qui ils ont partagé un split hautement recommandable en 2013 (Cyclopean Riffs chez Totem Cat Records), le trio de Fargo – Dakota du Nord – déroule du riff sans discontinuer, accompagnant leur musique, aux accents rock sudiste, d’une grosse voix bourbonnée et de kilogrammes de fuzz. Leurs premières banderilles (un EP en 2007 et Become The Sun en 2013) publiées chez les tchèques de Doomentia Records font état des aptitudes du trio en matière de stoner bluesy et halluciné, mouliné à grand coup de distorsion  et leur ont ouvert les bras accueillants d’une Europe toujours plus friande de sensations américaines compensant par l’énergie et l’efficacité leur manque d’originalité (Midnight Ghost Train, Five Horse Johnson, Black Pyramid, Goya, Mos Generator,  Dixie Witch, Freedom Hawk, Roadsaw, Doomriders, Honky, Lo Pan ou Sasquatch pour n’en citer que quelques uns).

Une fois l’idée même d’originalité évacuée, la nouvelle livraison d’Egypt ne manque pas d’arguments. Enregistré sous le haut patronat de Wo Fat au sein du Crystal Clear Studio à Dallas, propriété du trio texan, Endless Fight renferme en effet cinq bonnes raisons de se plonger dans les profondeurs du tombeau. Toujours habité par ce blues fiévreux, aux rythmes pesants, la musique d’Egypt convoque dès les premières notes du disque l’esprit sudiste du rock US à la ZZ Top à la table du stoner. Les tempi sont pesants, la guitare dégouline de fuzz et la section rythmique barbouille l’atmosphère d’un groove aussi rampant que paresseux. Dans ce magma musical à quatre temps, Neal Stein tire de ses six cordes quelques soli passionnés, sonnant parfois comme un orgue désaccordé (« The Tomb ») tandis qu’Esterby et Heille s’en donnent à cœur joie dès l’intro de « Tres Madres », à la basse prépondérante et aux breaks de batteries irrésistibles. Superbe final, « Shaman’s March » se joue de nos perceptions en tordant un riff de blues classique jusqu’à la transe, s’imposant comme l’un des titres les plus notables de la courte discographie de ce groupe, qui, s’il ne brille pas par sa personnalité, compense ses manques par une véritable science du riff qui sonne juste. Un savoir faire certain qui pourra être apprécié live lors de la venue en Europe du trio en mai prochain.

 

Point Vinyle :

Pour le premier pressage, Doomentia Records propose 500 copies en gatefold dont 400 noires et 100 en bleu.

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