Forming The Void — Reverie



Après Relic chez Argonauta Records en 2017, Rift chez Kozmik Artifactz en 2018, il revient cette fois-ci à Ripple Music d’apporter sa pierre à l’édifice d’album en « R » de Forming The Void en produisant le dernier opus des Américains intitulé Reverie. Quand on songe à l’émergence du groupe ces dernières années au sein de la sphère du doom qui tache, on imagine sans peine la volonté des labels de vouloir estampiller leurs marques sur l’une de ses galettes.

Changement de crémière d’un côté, changement de bassiste de l’autre. La refonte de la section rythmique amorcée avec Thomas Colley sur Rift s’achève avec l’arrivée du nouveau joueur de quatre cordes Thorn Letulle. Pour autant, ces nouveautés n’altèrent guère le Heavy rock progressif et introspectif du quatuor louisianais. « Sage » mis de côté, ce dernier album s’éloigne un tantinet du percutant tellurique de Rift pour flotter davantage dans la portion atmosphérique et spectrale de leur musique. Paradoxalement, les morceaux s’étirent rarement au-delà des cinq minutes (pour un total d’environ 37). Leur format quasi identique donne l’impression d’une série de produits similaires tous éjectés du même moule. Les apparences se révèlent pourtant très trompeuses.

Comme à l’habitude, chaque piste est un voyage à elle seule. « Onward Through The Haze », l’épopée astrale avec comme guide une basse profonde habillée d’une mystérieuse mélodie ; « Trace The Omen », douce balade où l’on sent la toile cosmique s’étendre vers l’infini, propice tant au déploiement des intrigants phrasés de Shadi Omar Al-Khansa qu’à l’envoutant chant de James Marshall. Là-dessus surgit « Manifest », la pièce maîtresse, le noyau de ce fruit que l’on déguste couche par couche. Derrière la chair sucrée se tapit un cœur granitique sculpté dans de puissants riffs, une rythmique hypnotique et un groove lourd. En somme tout le savoureux dont nous avaient habitués les précédents albums. Petit bémol pour « Electric Hive » qui, en dépit du style, verse dans une certaine redondance mélodique, voire quelque peu assourdissante avec une écriture trop similaire entre refrain et couplet. Cette platitude rythmique, qui dénote du reste des pistes, pourrait en conduire certains à l’indigestion à la suite de multiples écoutes. Par chance, « Ancient Satellite » et « The Ending Cometh » viennent vite corriger ce bref changement de trajectoire pour nous ramener sous une orbite plus familière. Tout en nuance juste et subtilité, l’écriture est réussie, la technique maîtrisée et l’équilibre restauré.

Reverie apparaît donc comme un trésor supplémentaire d’artisanat au sein d’un atelier à la renommée grandissante. Une production alliant performance et innovation, tout en collant à l’essence de ce qu’est le groupe, et qui s’inscrit donc naturellement dans l’univers vaste et plein de mysticisme des Louisianais. Une galette qui mérite une fois encore les louanges dont on l’affuble.

Note de Desert-Rock
   (7.5/10)

Note des visiteurs
   (9.17/10 - 6 votes)

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