Giuda – E.V.A.


Les Transalpins se rappellent à notre bon souvenir en débarquant sur Rise Above Records pour leur quatrième long format après être allé poser leurs amplis le temps de sortir un album sur le label emblématique du punk à roulette scandinave Burning Heart. Les inconditionnels de la formation pourraient se demander ce que Giuda peut bien venir foutre sur ce site vu que jamais nos colonnes ne se sont ouvertes à leurs précédentes productions pourtant fort qualitatives que ce soit en ce qui concerne leurs albums ou pour ce qui est de la kyrielle de singles disséminés sur une tripotée de structures plus ou moins grandes – et plus ou moins indépendantes – qui font vivre la musique de qualité hors des circuits à l’attention du grand public. Il y a plusieurs éléments qui expliquent cette arrivée soudaine du fer de lance de la scène bovver mondiale : la première relève de l’opportunité et réside dans le fait que le label, aux sympathiques sorties, qui est en charge de « E.V.A. » s’est donné la peine de nous l’envoyer, mais ce n’est pas la principale raison. La motivation qui prime est le fait que cette production est, à ce jour, clairement la plus glam des Italiens, la plus vintage dans son travail en studio et nettement la plus kraut dans sa conception empreinte d’incursion électroniques (que quelques puristes de Giuda peineront peut-être à surmonter). Bref on est bel et bien confronté à un objet, d’un peu plus de 30 minutes, qui fleure bon les seventies et demeure fort abordable (vous pourrez même l’écouter avec votre flirt du moment sans être taxé de lourd c’est vous dire l’aubaine !).

Les Italiens qui contribuent fortement à la bonne santé du revival bovver entraînant dans leur sillage les Faz Waltz, Shandy et autres Hard Wax commettent ce quatrième album après une longue absence et celui-ci va peut-être l’éloigner de sa fanbase originelle, mais pourrait bien lui attirer la sympathie de néophytes d’un genre prisé des usagers des tribunes des stades de foot. « E.V.A. » est en deçà de ces prédécesseurs à la première écoute, mais après quelques écoutes on se prend d’affection pour la dernière livraison des Romains.

Des titres comme « No Place To Hide » constituant l’exemple parfait du brûlot efficace qui fait le tour de la question en moins de 3 minutes. Le riff de base est impeccable, la mélodie immédiatement scotchée dans la boîte crânienne et il devient rapidement impossible de ne pas frapper le sol sur le rythme martelé de manière très uniforme tout au long du titre. D’autres plages, telle « Space Walk » dépassent de 30 secondes le format standard sur cette sortie avec un tempi très ralenti et un groove brillant sur lesquels des collages ajoutent de l’épaisseur plutôt bien sentie.

Certes, nous retrouvons Giuda là où nous ne l’attendions pas vraiment, mais cette collision entre Yuri Gagarin, Uncle Acid & the Deadbeats, Orange Goblin, The Standells et Cock Sparrer est une belle plaque de rock seventies rafraîchissante à l’attention de mélomanes qui ont ouvert leurs esprits.

Point Vinyle :

La première fournée de pressage s’inscrit dans la tradition de la scène originelle de ce groupe avec l’amplification bienvenue : 100 exemplaires transparents, 200 pièces bleu royal, 300 exemplaires rouge et 300 rondelles noir originel. Et tout ça mes enfants ne concerne que la première salve car nous pouvons prédire de nouvelles éditions dans les temps à venir. Les iconoclastes du cd ont eux aussi droit à une version particulière : 1’000 cds rouge (je vous vois sourire derrière vos écrans, mais il en faut pour tout le monde !).

 

Note de Desert-Rock
   (7.5/10)

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