Hangman’s Chair – This is not supposed to be positive


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Rarement artwork n’aura aussi bien représenté son contenu. La pochette réalisée par Dave Decat pour le nouvel Hangman’s Chair fait absolument corps avec l’essence du groupe. La symétrie biaisée, la composition parfaite de l’ensemble, la diagonale guillotine cisaillant la naïveté pop, cet homme qui part, prêt à sortir du cadre, ne laissant qu’un violent et sanguinolent silence derrière lui. Oui. « This is not supposed to be positive » est une pépite, noire, une merveille de complexité, évidente pourtant.

La valse des étiquettes devient nécessité ici tant le nouvel opus des parisiens brasse une quantité incroyable de genres, sans jamais s’y perdre. S’appropriant l’histoire des courants, le combo est capable de passer d’un blues froid à une dégueulasserie sludge sans pareille, bande-son vertigineuse de ce que pourrait être le viol de Chris Isaak par une tronçonneuse. Puis d’ériger en son centre un titre intense et dépouillé, qui aurait toute sa place dans une boucle Lynchienne. « Les Enfants des Monstres pleurent leur désespoir ». Tu m’étonnes.

Les parisiens ont pris le temps de relire leur doom depuis Hope//Dope//Rope paru en 2012. Aux tourments crasses déjà présents, ils ont rajouté une réflexion aérienne qui dynamite complètement leur univers. Plus poussé, plus construit, moins viscéral mais où le corps et l’esprit tendent vers un but commun, l’expiation et la mélancolie. « Flashback » en est le plus bel exemple. Mélodie imparable, production massive, lourde et aérienne, un chant d’une justesse troublante, le titre synthétise le savoir-faire du groupe et le place dans le haut du panier. Tout simplement. Avec lui, Hangman’s chair boxe là-haut, laissant les poids coq s’étriper entre-eux.

Et là-haut, la chaise du bourreau s’est attablée avec toute une collection de meubles 90s, d’Alice in Chains à Soundgarden. Le vernis grunge qui patine l’ensemble de la galette ne bouffe en aucun cas l’esprit des compositions et rajoute une couche à la dépression galopante qui court le long des pistes.

Je me rends compte en relisant cette chronique que les références sont nombreuses et semblent complètement disparates. Finalement Hangman’s Chair ne ressemble qu’à lui-même. La faute à son talent, sa tristesse et ses idées. « This is not supposed to be positive » est une sortie intelligente, bienvenue et nécessaire. A l’image de Coffin on Tyres ou Stonebirds ces dernières années, les parisiens jouent leur propre musique, se démarquant par la sincérité de leur démarche et la qualité supérieure de leurs compositions. « This is not supposed to be positive » est sans conteste une des grande réussite de 2015. D’un point de vue personnel j’y ai retrouvé ce qui faisait de moi un ado, ce qui m’obsède maintenant en tant qu’adulte et les peurs qui bordent mon futur. « Rouge pour le sang, Bleu pour la grâce ». Merci.

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