Hooded Menace – The Tritonus Bell


La mode est un éternel recommencement et depuis que le metal est devenu quinquagénaire (13 février 1970 – ?), ce dernier semble de plus en plus regarder dans le rétroviseur. Une façon de consolider l’avenir, fort d’un passé sereinement intégré. Bien sûr le processus favorise le business de quelques petits malins, profitant de la vague nostalgique pour réchauffer du riff de seconde main et le vendre au prix du neuf, sans en préciser la provenance, mais ce n’est là que portion congrue. La scène extrême d’ailleurs est celle qui à la plus à gagner de ce retour en arrière, la course à la vitesse, la lenteur et à la méchanceté touchant inexorablement à sa fin. Tous les territoires semblent défrichés (la donjon synth est une réalité, il n’est plus possible de revenir en arrière), alors comment rester kvlt sans trahir ses idéaux ? A ce jeu, la carte du retour aux sources est une imparable gageure. C’est mathématique, les death, doom et black sont des produits mutagènes des années 80 et à l’heure du bilan c’est à cette décennie que tout ramène. Hooded Menace, saigneurs finlandais de la lenteur macabre ont entamé cette démarche avec Ossuarium Silhouettes Unhallowed dès 2018 : aérer le cadavre pour lui donner l’air vaillant, fémur au vent, libéré de sa cage (thoracique) funéraire, tenant à distance les plus mélomanes d’entre nous. Une démarche de « metal total », cet habile équilibre entre conservation des idéaux et accessibilité pour le grand public. Un album qui aurait dû porter le groupe un peu plus loin si la COVID n’était pas passée par là, si le groupe avait plus d’appétence pour le live, si la pochette de l’album n’avait pas été aussi sombre… Mais avec des « si » on met Hel-si-nki en bouteille et de toute façon The Tritonus Bell est désormais là pour régler le problème.

Ce disque est en tout point pensé pour asseoir la notoriété du groupe sans perdre un seul fan de la première heure le long du chemin (neigeux, dangereux, plein de pièges et de brigands) : le retour du moine encapuchonné sur la pochette (Hooded Menace aura mis quelques albums à comprendre qu’ils avaient une mascotte, et que la mascotte y a pas plus 80’s comme démarche), dans des teintes qui ne sont pas sans rappeler les Maîtres de l’Univers (dont 2021 marque également le retour), est un signe avant-coureur de ce qui va suivre. La musique elle, fait un bond de trente ans, dans son intention mélodique, sa construction rythmique et dans la prépondérance de riffs autour desquels se construisent les morceaux. On pense bien volontiers à Paradise Lost, au son d’Icon, à la radicalité de Gothic et à l’appétence mélodique de Medusa, mais on se dit surtout que les deux groupes ont puisé leur eau à la même source. L’ombre de Mercyful Fate plane au-dessus de « Blood Ornaments », il y a du Candlemass derrière « Chime Diabolicus » et même un peu de Maiden sur « Corpus Asunder », le tout revisité avec déférence par Lasse Pyykkö et les siens. Le tempo est certes plus enlevé, mais la voix des cavernes d’Harri Kuokkanen ainsi que les ambiances macabres qui ont fait la renommée d’Hooded Menace nous rappellent, au détour de chaque riff, que c’est bien de doom qu’il s’agit. D’un doom plus ouvert que jamais dont les appétences mélodiques et la science du riffing n’avait pas été entendu depuis des temps… Draconiens.

 

Point vinyle :

Ô rage, Ô damnation. La jolie box avec le patch et le pin’s est réservée à la version CD. Pire encore, c’est toujours sur ce vilain format que vous aurez droit à l’excellente reprise de W.A.S.P. « The Torture Nevers Stops ». Côté vinyle donc, quelques couleurs (Crystal Clear & White Marbled/250ex ; Purple/300ex / White Purple & Blue Marbred//200ex) ainsi que la version noire, noire comme l’âme des damnés. A vous de voir quel budget y mettre après avoir acheté… le CD.

Note de Desert-Rock
   (9/10)

Note des visiteurs
   (8/10 - 1 vote)

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