Si le stoner fait souvent écho aux déserts arides et aux ambiances chaudes, c’est bien souvent du nord de l’Europe, bien plus au nord, que nous arrivent les bûches les plus brûlantes. Rien de mieux pour imager cette phrase d’introduction que les finlandais de Kaiser et leur second album intitulé 2nd Sound. Il est presque étonnant de voir les finnois resurgir car les nouvelles étaient rares, malgré un bon et déjà chaud premier album sorti en 2018, 1st Sound, et un split avec Planet Caravan estampillé Turned to Stone en 2022 (responsables entre autre des associations Merlin/Wizzerd ou encore High Desert Queen/Blue Heron).
Passons rapidement de l’étonnement à la joie de retrouver le stoner nerveux de Kaiser. Car oui 2nd Sound reprend exactement là où le groupe nous avait laissé en 2018, c’est-à-dire avec une énergie bouillonnante et une pelletée de gros riffs ! Mise en situation dès le premier titre “Brotha” qui colle à cette description jusqu’à ce gros break à mi morceau qui va donner sa couleur à toute l’album. C’est comme si tout d’un coup on se mettait à écouter en simultanée un album de Lowrider, d’Elephant Tree et de Sleep !
Vous en redemandez ? Parfait ! C’est exactement là où nous emmène 2nd Sound qui enchaîne les uppercuts avec des titres comme “1,5 Dozen”, “Awaken Monster” ou “Meteorhead”. Le groupe déploie une puissance sonore et un groove assez impressionnants, flirtant régulièrement avec le stoner/doom, et l’allie parfaitement avec ce rythme plus old-school qui donne envie de retourner son salon ou le wagon du métro. Forcément les guitares brillent par la qualité des riffs et solo mais ce serait une grave erreur de ne pas mettre en avant le duo basse/batterie au vu des dégâts qu’ils causent tout au long de l’album sur nos tympans. Impossible aussi de passer outre la qualité du chant qui vient se caler avec brio sur ces 50 nuances de stoner. Tantôt John Garciesque, Tantôt hurlé, voire un peu plus, sur les passages les plus ardents, il sait aussi se faire envoûtant sur les ambiances à la Monster Magnet de “Stood Still” ou proche d’un Chris Cornell sur “Oversized Load”.
Au milieu de cette tempête viennent se caler de malins moments plus calmes, plus groovy, comme cette intro de “A Clockwork Green” ou les passages plus rock de ce même morceau ou de “Brotha”. Ces parties, en plus de nous autoriser une brève reprise d’air, servent surtout à mettre encore plus en avant les massives lignes de basse et riffs qui nous pètent à la gueule jusqu’à cet “Aftershock” qui résume parfaitement les 45 minutes de bonheur/sueur que l’on vient d’encaisser avec un bonus lourdeur comme si les finlandais mettaient toutes leurs forces restantes dans la bataille.
Difficile de bouder son plaisir devant ce 2nd Sound qui ravira les paresseux comme les amateurs de duels en fosse ! Il ne reste plus qu’à espérer que Kaiser passe prochainement près de nos contrées pour défendre cet album, et surtout à espérer que l’on aura un nouveau parpaing à se mettre dans les dents sans attendre 7 ans !
(Pour donner votre note,
cliquez sur le nombre de cactus voulus)
Laisser un commentaire