Lowrider – Refractions


Dire qu’on l’aura attendu ce nouvel opus est un euphémisme. Rendez-vous compte, vingt putain de longues années pour que le quatuor ponde son successeur. Mais avant d’en parler, il convient de bafouiller quelques mots sur l’histoire des suédois afin de contextualiser l’événement que représente cette nouvelle sortie.

L’histoire de Lowrider donc est un chapitre cocasse, fou, passionné et passionnant du courant qui nous anime ; taxé d’ersatz nordique de Kyuss sans âme ni ambition à la sortie de Ode to Io, splitté mais pas vraiment 3 ans après celui-ci, oublié puis gagnant une place de choix dans le cœur des nouveaux auditeurs du genre, revenant sporadiquement lors de one shot live (dont un Hellfest dantesque en 2014), le groupe n’avait de cesse depuis d’annoncer un nouvel album et puis non, et puis si, provoquant aussi bien frustration que colère, dédain qu’envie dévorante chez leurs fans de plus en plus nombreux. L’attente fut telle qu’on ne savait plus sur quel pied danser. Légende du genre ou véritable quadra capitalisant sur leur unique succès ? J’avoue moi-même avoir douté des gonzes malgré leur talent et toute la sympathie qu’ils dégagent sur et en dehors de la scène.

Et puis, par le truchement de Blues Funeral Recordings et de ses Postwax Series (sortie exclusive à qualité variable de groupes à qualité certaine dont Elder et Domkraft) nous voici enfin avec le successeur de Ode to Io.

Vingt ans après donc,

« Refractions ».

Et le moins que l’on puisse dire c’est que l’attente en valait la peine. N’espérez pas de révolution, de changement stylistique improbable ou claudicant, non, Lowrider fait ce qu’il sait faire de mieux. Du Lowrider. Et du bon, bon sang de fuzz ! La maîtrise de cet effet est leur signature, leur identité. Peu de groupe peuvent se targuer de gérer aussi bien cette saturation si particulière. Les six titres que composent le nouvel effort sont autant de pépites qui ne déçoivent jamais. Les riffs, les patterns de batteries, ces quelques ajouts de clavier parfaitement amenés, cette basse ronde et déliée, on écoute un très bon album de desert-rock. Refractions passe l’exercice de l’écoute multiple avec brio et l’on est surpris à chaque fois par de nouvelles trouvailles de production.

Oh bien sûr, il y a par ci par là quelques lourdeurs, quelques idées un peu trop mise en avant et qui pourraient déprécier l’album. On arrive toutefois à en faire abstraction, on est même étonné par la capacité des quatre musiciens à composer de longs morceaux, « Pipe Rider » et « Sernanders Krog » dépassant les 8 minutes sans souffrir de longueurs ni de perte d’intensité. Le tout grâce à une production maîtrisée faisant la part belle aux grosses guitares pleines de fuzz et de wah-wah, au chant « Greenleaf spirit » de Peder nous racontant de véritables histoires, à cette capacité qu’a Lowrider à écrire de vraies et bonnes chansons tout simplement.

Au moment de conclure, on relance Refractions, sans réfléchir  On ne demandera jamais à Lowrider de faire autre chose que du Lowrider, et ils le font à merveille sur ce nouvel album. Il s’agit là simplement d’un des meilleurs albums de desert-rock paru ces dernières années. Frais, inventif, couillu, gourmand, avec du corps et de l’esprit, finalement l’attente en valait la peine. Confidence pour confidence, le prochain devrait arriver bien plus tôt, les sessions d’enregistrement étant en cours. Mais allez savoir, avec Lowrider on ne sait jamais. C’est ce qui fait de ce groupe un cas à part et passionnant.

Note de Desert-Rock
   (8.5/10)

Note des visiteurs
   (8.57/10 - 7 votes)

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1 commentaire
  • J’ai précobandé à cause de vous.

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