Mama’s Gun – Mama’s Gun


Un certain John Lennon a déclaré un jour : « le rock français, c’est comme le vin anglais, çà n’existe pas ». Bon, il faut bien reconnaître qu’à son époque, la musique en France se cantonnait à Michel Sardou, Mike Brant, Michel Polnareff ou encore au trio de poètes Brel/Brassens/Ferré. Heureusement, depuis, force est de constater que tout cela s’est quand même amélioré avec des groupes comme Téléphone, Trust ou Noir Désir qui auront, en leur temps, permis de mettre un bon coup de pied au cul des bien-pensants qui ne juraient que par la variétoche juste bonne à passer chez Pascal Sevran et Jacques Martin. Et puis, avec l’avènement de notre cher stoner favori, de nombreuses formations émergent un peu partout dans l’Hexagone (je pense aux lillois de Glowsun, aux perpignanais de Deadly vipers, aux rémois de Dirty raven ou aux bordelais de Mars Red Sky pour ne citer que quelques exemples).

Parmi eux, on peut désormais ajouter les limougeaux de Mama’s gun, trio formé en 2016. Les 3 garçons se disent fans de Queens Of The Stone Age et de Led Zeppelin (la base, quoi…) mais aussi de Clutch ou encore Dewolff. Evidemment, avec des influences pareilles, difficile de se louper… et le premier titre « Shield and shelter » le confirme bien avec une rythmique très bluesy et la voix pleine de feeling de Théo Jude. Une belle entrée en matière, même si on aurait aimé que la grosse caisse de Théo (car oui, nous avons ici affaire à un chanteur/batteur !) soit bien moins en retrait, cela aurait sans doute donné encore plus de pêche au morceau. « Both sides of your mind » emboîte le pas avec, comme pour le titre d’ouverture, cette même rythmique enlevée, cette même voix douce et vindicative à la fois et, malheureusement, toujours ce manque de peps dans le mixage de la batterie.

Et puis, dès le troisième titre, « Dead legends », le doute m’habite (hum, coquin va…) : les deux premiers titres étaient construits sur le même moule, à savoir le sempiternel « intro/couplet/refrain/pont/solo de guitare », tout comme ce troisième titre. Alors, loin de moi l’idée de critiquer le groupe car je ne suis qu’un modeste chroniqueur (ce qui est assez différent du critique, vous en conviendrez) et je n’aime pas taper sur ce que, moi-même, je serai bien incapable de réaliser mais force est de constater que, malgré la qualité intrinsèque de chaque composition, il manque ce petit grain de folie, cette petite incartade loin des sentiers balisés, cette prise de risque qui les ferait se démarquer de la meute. Pourtant, les très enlevés « Itchcock » et « Greed », le puissant « Electrical redeemer » ou la petite douceur qu’est « Righteous hand » prouvent que Mama’s gun peut arriver à se transcender.

Alors, que dire de plus de ce premier LP des petits frenchies ? Que c’est une excellente entrée en matière, que cet album doit être mis entre les oreilles de tous ceux qui soutiennent la scène stoner française (et des autres, tant qu’à faire !) et qu’on ne souhaite que des bonnes choses à ces petits jeunes plein de talent et de bonne volonté. Manque sans doute un petit quelque chose pour s’extasier devant cet opus mais ils sont encore jeunes, laissons-leur le temps de peaufiner leur musique et nous revenir encore plus forts et meilleurs dans quelques mois. En tout cas, félicitations pour ce premier effort et recevez tous nos encouragements pour la suite !

Note de Desert-Rock
   (7/10)

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