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My Sleeping Karma – My Sleeping Karma

Voici l’album idéal pour vous remettre les neurones en place tout en douceur lorsque les lendemains de veille sont synonymes de réveil douloureux ! Testé et approuvé. Constitué d’une suite de mélodies accrocheuses jouées en boucle et entrecoupées de passages plus soutenus qui vous éviteront de retomber dans l’hébétement, ce ravissant premier effort vous permettra d’émerger lentement en vous caressant les tympans sans jamais les agresser.

My Sleeping Karma, ce sont quatre jeunes allemands adeptes d’une certaine éthique DIY (superbe pochette réalisée par le guitariste, production assurée par le batteur), parmi lesquels on retrouve la section rythmique de feu The Great Escape et qui proposent ici six instrumentaux avoisinants presque tous les 8 minutes au sein desquels ils développent des idées simples et sans prétention à l’aide d’une gratte légèrement saturée (voir pas saturée du tout), d’une basse bien ronde, d’une batterie hypnotique et de synthés vaporeux. Présenté de cette façon, on pourrait penser qu’il s’agit d’un quelconque projet psychédélique, mais en évitant d’alourdir la production de tonnes d’effets afin de garder un son très organique et en incluant des passages plus heavy de façon équilibrée, My Sleeping Karma se positionne entre Monkey3 pour sa capacité à évoquer des émotions variées teintées de mélancolie et Brant Bjork pour l’aspect toujours décontracté des compos. Hymn 72, le titre le plus concis, n’aurait d’ailleurs pas dépareillé sur Jalamanta, tout comme l’intro de Intention qui ouvre par ailleurs l’album de façon magistrale grâce à l’impression apaisante qui s’en dégage, tandis que 23 Enigma, qui lui succède, débute sur le même ton avant de brusquement basculer vers le gros son auquel nous sommes coutumiers. En évitant de répéter inlassablement les mêmes schémas dans la structure des morceaux, ces six titres de qualité équivalente parviennent à maintenir l’attention de l’auditeur en lui offrant une large palette de sonorités sans jamais se perdre dans des délires psychédéliques, ce qui rend l’ensemble toujours très accessible.

Grâce à ce premier album, My Sleeping Karma établit un nouveau pont entre le psychédélisme et le stoner tout en affirmant d’emblée son identité parmi la myriade de groupes instrumentaux évoluant dans ce style. Et j’hésite encore à les ranger dans ma pharmacie plutôt que dans une étagère à cd.

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