Saint Vitus – Saint Vitus


Décidément la carrière de Saint Vitus ne cessera de prendre de nouveaux départs. Wino ayant en quelque sorte trahi le clan avec cette affaire de drogue (parce qu’il avait vraiment moyen de gérer les choses autrement, il faudra un jour que je vous raconte cette hallucinante histoire), Dave Chandler et sa clique (enfin Henri Vasquez du coup) repêchent donc Scott Reagers, chanteur des débuts, qui n’a plus mis les pieds dans la musique depuis 1995. Un sacré pari – alors que se profilaient les 40 ans du groupe, et la tournée qui va avec, – de reprendre un type de l’avant succès doom du groupe (Born Too Late) dont personne dans le milieu n’avait entendu parler depuis plus de 20 ans. Mais son retour, couplé à l’arrivée de Pat Bruders (Crowbar entre autre) à la basse, semble avoir redonné vie à un Vitus qui ronronnait dans son antre depuis trop longtemps. Dave Chandler amène donc tout le monde chez Tony Reed (de Mos Generator, déjà derrière les manettes de Lillie F-65 en 2012) pour faire de nouveau rutiler sa Flying V.

Ce 9ème album est en de nombreux points remarquable. Enfin remarquable n’est peut être pas le mot. Parce qu’il n’y a rien ici qui révolutionne quoi que ce soit, loin de là, et la prod manque même un poil de punch. Mais quelle réjouissance, quel plaisir de retrouver Reagers, qui fait passer tout du long du disque un vrai plaisir et une vraie humilité, chantant quelques uns des refrains les plus mémorables d’un groupe qui compte déjà pas mal de perles dans sa discographie. C’est aussi que les riffs sont inspirés. Chandler abat un boulot phénoménal, accélérant souvent le tempo (ah ces racines punk hardcore), et plaçant toujours ces soli uniques dont lui seul a le secret. Un Chandler que l’on retrouve d’ailleurs au spoken word sur « City Park », pour un titre qui semble lui être particulièrement personnel.

Mais rassurez vous le bestiaire habituel est également de sortie, vengeance, mort et bain de sang émaillent l’album. « Bloodshed » puisqu’on en parle est un titre rapide à l’efficacité redoutable, parfait contrepoint à l’introduction doomy « Remains ». Bruders se fait entendre, fait la maille avec Vasquez pour recréer une section rythmique solide (ce qui a toujours été un point fort chez Vitus) et ce Saint Vitus 2019 (notez le même titre et la même sobriété que sur l’album de 84, le gris remplaçant le noir) est en tout point supérieur à son prédécesseur de 2012 (Lillie F-65 avec Wino), se plaçant finalement et en toute logique dans la lignée de Die Healing (1995). Et ce n’est pas la très punk hardcore sans concession « Useless » en fermeture qui me fera dire le contraire (les commentaires Youtube, reniant l’absence de doom sur ce titre sont à mourir de rire). Un album réjouissant de bout en bout. Une sacrée surprise.

 

Point Vinyle

Listenable, en sus du black classique, semble avoir choisi le nombre de vinyles pressés en tirant une poignée de dés de 20. On reconnaît bien là les rôlistes. Bravo. Pressages : silver (200), clear (1050), grey with white marbled (750), purple (300)

Note de Desert-Rock
   (8/10)

Note des visiteurs
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1 commentaire
  • Cet album est tout simplement superbe!

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