Steak – Slab City


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Loin de moi l’idée de vous refaire le coup du swinging London mais force est de constater qu’en ce moment, tout Camden frissonne gras, et pas seulement un week-end fin avril. Car, des organisations de concerts fuzzées – répondants au doux nom de Desertrock Scene – jusqu’au Desert Fest, à Londres tout est affaire d’une poignée de passionnés, que l’on pouvait retrouver depuis déjà quelques temps à l’arrière des bars, à faire chauffer les amplis. En tête de série, à défaut de tête de gondole : Sedulus, Gurt et Steak. Si les premiers sont encore trop confidentiels, les seconds ont clairement créé un pont indestructible entre le sludge et les vidéos de chatons cutes. Et que dire des troisièmes, pour qui les premières parties de prestiges se sont succédées, amenant presque sans prévenir à une signature chez Napalm Records, refuge à la mode pour les formations de rock plombé. Mettons à leur crédit que leurs deux premières démos ne manquaient pas de mordant, quoiqu’il semblait urgent de se démarquer de l’influence Kyussienne omniprésente, laissant la désagréable impression de nerf dans le cœur de viande. Sur ce point, “Coma”, morceau d’ouverture de ce Slab City ne va pas calmer mes appréhensions. Rien à dire, Steak est un groupe puissant, organisé comme une armée Spartiate et ses musiciens sont beaux comme autant de Leonidas tatoués aux cheveux gras. Le son de leur premier effort est remarquable, le quatuor ayant eu le bon goût de confier la prod à Harper Hug (Vista Chino, Brant Bjork, Oliveri) et si quelques moments glorieux émaillent l’album (“Liquid Gold”, ou “Machine” qui de trouvait déjà sur l’Ep précédent), l’ensemble pêche par un terrible manque d’originalité. C’est en effet sans jamais tellement se détacher de ce glorieux aîné du desert que nous affectionnons tous que les Anglais déploient leur vision d’un stoner urbain mais à la tête trop tournée par le desert californien. Le constat est si flagrant que lorsque le groupe s’octroie le featuring du label mate John Garcia sur “Pisser”, on croirait entendre un bon morceau de Vista Chino (la production made in Hug n’aide pas), resté planqué dans le Napalm. Car oui, c’est ici que se trouve toute l’ambivalence du premier album de Steak : il s’agit d’un des meilleurs plagiats de l’année, aussi brillant qu’il manque de personnalité. Il ne tient donc qu’à vous, et à votre conscience, de vous positionner. Enfin pour beaucoup je suppose que la pochette vous avait déjà dissuadé.

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