Stoned Jesus – Father light


Cinq années après la sortie de Pilgrim en 2018, Stoned Jesus réapparait une nouvelle production en main. Le trio d’Ukraine aura su traverser les épreuves et garder la force pour admirablement servir à son audimat un cinquième album intitulé Father Light. On délaisse l’usinage by Napalm record, qui est cette fois-ci effectué chez un nouveau crémier : Season of Mist ; choix qui colle pour le coup pas mal au thème de la galette.

Tout s’ouvre sur le titre éponyme de l’album, un conte narré par une tendre guitare sèche et une voix aussi claire que mélancolique. Un départ donc un peu frileux pour qui s’imagine retrouver l’effervescence de « Wound » ou l’énergie endiablée d’un « Here come the Robots », mais qui ne sera pas sans rappeler l’intro/outro de « I’m the Mountain » dans sa version intégrale. Néanmoins, une fois n’est pas coutume, cette jolie fable s’arrête d’un coup, mise au silence par un singulier son de clochette, lequel nous livre aussitôt à un riff d’une lourdeur familière.

« Season of the Witch » commence par un son caverneux, brut et arborant toutes les caractéristiques d’un doom de garage. Toutefois les 11minutes 30 que propose ce morceau ne se limitent guère à de lancinants et répétitifs brisages de nuque. Brusquement, le rythme s’accélère, la guitare s’emporte, suivie par la batterie de Dmytro qui se met à trotter. Très vite, tout ce beau monde engendre une superbe séquence instrumentale pleine de cette substance groove chaleureuse faisant la patte de Stoned Jesus. Aussi soudainement qu’il est advenu, ce revirement se substitue ensuite à d’aériens couplets pleins de douceur et de mélodies. La voix d’Igor ainsi que les guitares nous portent jusque dans les nuages, et nous laissent rêveurs. Hélas, depuis ce perchoir, notre chute n’en est que plus belle. Car il s’agit bientôt de redescendre vers le sol, vers ce doom minéral que rien n’arrête, et qui clôture cette belle histoire. Le morceau nous apparait telle une parabole éprouvante ; comme la trajectoire d’un missile, comme un rêve qui s’effondre après être monté trop haut.

Une succession de structures qui se retrouvent également dans « Get What You Deserve » ou encore « Thoughts and Prayers », dont le clip est disponible sur votre plateforme préférée depuis quelque temps. Un morceau plus sombre dans son propos ; sorte de lamentation sur les prières et pensées, toutes adressées à un dieu qui n’existe pas et condamne donc aux affres de la solitude. Affliction portée par le ton de voix de Sydorenko qui par ses douces mélodies hypnotiques nous offre au fil des pistes quelque chose de nouveau. Une poésie ambivalente, et porteuse d’un lourd fardeau.

De manière générale, les membres du groupe n’ont jamais été connus pour rester dans leur zone de confort. Au fil des années et des albums, ils ont continué d’explorer de nouvelles façons d’écrire, de nouveaux moyens d’intriquer les différents territoires de ce genre musical qu’on sait si vaste, d’inventer et de s’approprier, tout en conservant cette empreinte rythmique, ce cachet fuzzé qui fait leur identité intrinsèque. On ne peut que les féliciter pour ce nouveau trophée.

Note de Desert-Rock
   (7.5/10)

Note des visiteurs
   (7.43/10 - 7 votes)

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