Qu’il est difficile de définir Warlung en quelques mots. Comme un OVNI dans la scène stoner, le groupe produit depuis maintenant 4 albums une musique aux allures d’un funambule fou bondissant sur plusieurs câbles, ne se souciant guère du gouffre chaotique dans lequel il pourrait tomber. Stoner, Doom old school aux relents occultes, Heavy, Hard Rock, voici grosso modo tout ce que l’on peut retrouver chez ces texans avec en bonus une tendance à éparpiller une dose de psyché sur toutes ces influences. 2 ans après un réussi Vultures’s Paradise, le groupe revient avec un cinquième album intitulé The Poison Touch et autant vous dire que nous étions aussi curieux qu’heureux de revoir ces étranges acrobates !
Avec The Poison Touch, Warlung pousse encore un peu plus loin la fusion de ses influences. Et pourtant, on se laisserait penser qu’avec des titres comme “Digital Smoke”, “White Light Seeker” ou “Rat Race” le groupe nous quitte définitivement vers un monde plus heavy speed… Trahison alors ?! Pas vraiment, même si le fait d’apprécier les envolées heavy à la Enforcer aidera à savourer pleinement l’album, car derrière cette ardeur se cache un monde bien plus dense où refrains rock bien catchy viennent côtoyer riffs sabbatiens et rythmes stoner.
Saillant et gentiment occulte par endroits, psychédélique et avec un vrai sens de la mélodie ailleurs, l’album pourrait se situer à mi-chemin entre Green Lung et Kadavar. Un petit plus pour ce dernier sur le chant qui fait vraiment penser à Lupus (notamment sur ces fameux refrains). On ressent particulièrement les ambiances plus psychédéliques sur l’astucieuse transition “Mourning Evil”, qui vient couper un élan heavy presque épique, ou sur “Spell Speaker” avec son intro qui finit loin dans l’espace, son ambiance plus doom moelleuse et son solo de guitare déchirant (qualité que l’on retrouve sur chaque solo de l’album au passage).
Comme une cerise sur un gros layer cake, “29th scroll, 6th verse” nous offre le moment, le riff, la grosse bûche que l’on attendait (avec en bonus, une petite référence à la planète des singes). Morceau presque frustrant car on aurait quand même apprécié un peu plus de cette épaisseur stoner, mais difficile de faire la fine bouche au vu de la qualité technique et mélodique de The Poison Touch. Encore une fois, Warlung aura réussi à nous emmener dans son univers multicolore, dosant avec justesse ses influences pour rendre une musique originale et fraîche dans un monde où parfois les choses ont trop tendance à se ressembler. Bref, cette touche de poison est des plus délicieuses, on en redemande !
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