Windhand – Grief’s Infernal Flower


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Il est donc là, face à moi, le mur colossal que je dois franchir pour entrevoir la lumière. Quelques rais pourtant parviennent à se faufiler entre les jointures crasses et, chauffant mes joues poilues de poupon pépère, me promettent un après somptueux. Faut dire qu’il va avoir du boulot le soleil s’il veut percer le doom de Windhand. En 2013, le quintet américain avait assombri le ciel avec un « Soma » lourd, tirant sa noirceur des oracles sabbathiens et electric wizardiens, creusant sa tombe dans la légion zombie d’ersatz de qualité. L’évidente question concernant le nouvel opus « Grief’s infernal Flower », est de savoir si les musiciens de Richmond ont réussi à insuffler plus de personnalité et d’identité à leur doom de qualité.

Toujours chez Relapse et produit par Jack Endino (Nirvana, Soundgarden, High On Fire), « Grief’s infernal Flower » commence là où avait finit son prédécesseur. Rien de bien nouveau sous les nuages, un stoner-doom de qualité ralentissant le rythme cardiaque mais respirant toujours les mêmes productions opiacées inhérentes au genre. Le fait d’avoir une chanteuse ne change d’ailleurs pas la donne dans ces moments là car la voix est travaillée de telle manière qu’elle pourrait sortir d’une trachée trans genre et impersonnelle. On se retrouve donc à écouter des titres tels « Two Urns » ou « Tanngrisnir » en dodelinant sa mélancolie mais sans réelle surprise.

D’où vient que ce nouvel album pourrait surprendre ? A vrai dire, c’est une fois de plus dans le sillon du folk noir que Windhand est intéressant. Sur Soma, c’est le titre « Evergreen » qui convoquait les sorcières de Salem autour d’un feu de camp froid comme la mort. Ballade dépouillée et rêche, elle faisait des merveilles. Aujourd’hui, c’est « Aition» et « Sparrow Us » qui s’y collent. Car oui, enfin, la voix de Dorthia Cottrell trouve dans une guitare sèche, l’écrin mortuaire parfait pour narrer sa tristesse. Et l’on regrette que l’album ne comporte pas plus d’éléments acoustiques. Il suffit d’écouter l’intro de « Crypt Key » pour s’en convaincre. Ces instants folks subliment le doom des américains, offrent un contrepoint parfait aux murs de saturation et dirigent la chanteuse vers des chemins plus personnels. La frustration est d’autant plus grande que le talent et le son sont là mais que ces touches acoustiques ne sont pas légions.

On écoute donc un bel exercice de style mais pas un album charnière dans la carrière de Windhand. Il faudra plus qu’une ou deux chansons folk par disque pour s’extirper de la masse. Pourtant les ingrédients sont là, les saveurs présentes, reste à les cuisiner différemment peut-être. Le dosage pour réaliser un bon poison (coucou à la famille Borgia en passant) est affaire d’équilibre et nul doute que le folk sombre développé entre ses riffs permettra aux américains d’y parvenir. Curieux donc de goûter au prochain chaudron.

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