Acid King (+Brume) – 16/05/2024 – Nantes (Le Ferrailleur)

Une belle soirée soutenue par Garmonbozia nous attendait ce jeudi avec pour sa tournée européenne, un Acid King qui  avait emmené dans ses bagages le quartette Brume, également originaire de San Francisco et dont la discographie étoffée leur fait largement mériter la place occupée.

 

Les artistes de Brume montent sur scène tout heureux d’enfin visiter un pays où l’on est à même de prononcer correctement leur nom et vont avoir la tâche de convaincre le public que leur doom, goth Indie a toute sa place ici.  Leur doom en effet parfois un rien indie donne le ton de la soirée. Au programme, lourdeur et voix féminine enlevée. Ajoutez à cela une originalité, un violoncelle d’une blancheur immaculée qui fait vibrer le côté gauche de la scène même si ce dernier peine à exister au milieu des blasts de batterie et de basse dans le premier tiers du set. Malgré cela, le groupe est communicatif avec son public et l’effort est apprécié, à en juger par la rumeur de la foule à chaque invective ou blagues de bon aloi entre Susie, la chanteuse bassiste et le Jamie guitariste au sujet de son accent anglais (Le gars est de Bristol)

Les Intro mélancoliques donnent vie aux cordes frottées et Jackie et son Violoncelle finissent parc conquérir leur place toute légitime. Cependant la face la plus goth du groupe n’émerge durant tout le set, une chance selon moi. D’ailleurs ces passages les plus mélancoliques et les plus post-rock n’ empêchent pas une joie visible de jouer de s’installer et le public qui jouit de la musique les yeux fermés ne dédaigne pas l’ offrande. Lorsque ce dernier revient à lui le set se termine déjà et si ce n’était pour accueillir Acid King je suis persuadé qu’on en aurait bien repris encore un peu.

 

Allez, il est l’heure d’aller se faire masser les tympans par Acid King et je m’aperçois qu’être sorti pour me rafraichir d’une limonade n’était sans doute pas la meilleure idée de la soirée. Il faut jouer des coudes dans le Ferrailleur pour atteindre la scène bien cinq minutes avant le début du set et finir coincer sur le côté gauche de la scène. Là où ira se positionner la guitariste Lori, au final le hasard n’est pas si méchant.

A peine monté sur scène et c’est la débauche de violence contenue. Le trio comme à l’accoutumée joue lourd et gras. Parfois le rythme devient plus smooth et c’est toujours étonnant alors qu’on est venu pour du lent, du lent et du lent. Pour autant la magie d’Acid King c’est ça aussi, transformer certains riffs à la limite du jouasse dans le creuset de leurs composition pour les transformer en doom pur.

La puissance du set est perceptible dans chaque note,l’onde de choc de la batterie viennent percuter le haut du crâne que l’on tend vers la scène, bien trop occupé à regarder ses pompes en marquant le rythme. Et quel rythme, Jason fracasse tout sur son passage sortant du tempo, déstructurant les morceaux et revenant par on ne sait quel miracle dans le cadre. Incroyable que Mark n’en perde pas la rigueur de sa basse et que Lori continue de suivre. Mais attention, il n’est pas question que de technique ici, on vit du beau et c’est particulièrement palpable lorsque Lori délaisse entre deux morceaux sa gratte pour dire combien ils sont heureux de revenir jouer à Nantes ce soir, se remémorant leur premier Hellfest à quelques poignées de kilomètres du Ferrailleur.

Évidemment côté set list on en prend plein les esgourdes, le groupe faisant le choix de caler quelques désormais classiques comme « Coming Down From Outer Space » entre les titres les plus récents comme « Beyond Vision » et un final magistral sur « Colors Trails » où Acid King pose lui-même sa couronne sur le haut de son crâne alors que le public, un genoux à terre pourra commencer à conter dès les lumières rallumées un chapitre de plus la geste du roi Doom.

 

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