Down, 3 avril 2008, Ancienne Belgique, Bruxelles, Belgique

Se garer à proximité de l’Ancienne Belgique n’est jamais chose aisée, et ce jeudi 3 avril ne déroge pas à la règle, nous empêchant malheureusement d’arriver en temps et en heure pour assister à la projection du film d’intro sur le combo culte qu’est Down. Pas de quoi entamer notre bonne humeur en tout cas, tant l’impatience de voir le combo live pour la première fois est grande.

A 20H30 pétantes, le concert démarre sur les chapeaux de roues avec Temptation’s Wings. Le ton est déjà donné : le groupe est carré, le son nickel, le public ultra-réceptif et on comprend fort vite que l’on va passer un super moment….Le gang de la Nouvelle-Orléans est là pour jouer et se faire plaisir. Ce qui fait plaisir aussi, c’est de retrouver un Phil Anselmo sobre et affûté, à l’opposé de la prestation qu’il avait pu donner 7 ans plus tôt avec Pantera dans cette même salle. Peu de temps morts viendront, au final, ponctuer le set. La première harangue de Phil interviendra d’ailleurs seulement après 5 ou 6 titres. Info ou intox, il annonce que le concert de l’Ancienne Belgique est enregistré. Il n’en fallait pas plus pour donner davantage de pêche aux quelques heureux chanceux présents ce soir. 

Car plus qu’une simple prestation, c’est à une véritable démonstration de savoir-faire à laquelle nous assistons ce soir. Il suffit d’un titre comme Learn from this mistake pour comprendre à quel point il règne entre ces 5 là une alchimie parfaite. Anselmo, Brown, Bower, Keenan et Windstein sont là pour le même amour de la musique, pas pour tirer la couverture à soi. Et le résultat sur scène est tout simplement impressionnant, plus même qu’a pu l’être Pantera jadis (Phil dédiera d’ailleurs le titre Lifer à son ancien compère Dimebag). Les titres s’enchaînent (New-Orleans is a Dying Whore, Lysergik Funeral Procession, Three Suns and One Star, N.O.D., Lies, On March the Saints…) dans la moiteur de l’Ancienne Belgique et le temps semble suspendu….En somme, notre « dépucelage scénique » Down-esque tient déjà toute ses promesses. C’est sans compter sur la dernière demie-heure….. 

…car la fin du set est proprement hallucinante. Le combo quitte la scène sur un Eyes of the South endiablé, dont l’intro a été modifiée et consiste en un duel de soli entre Pepper et Kurt. A ce moment précis, celà fait déjà 1H35 que le groupe joue. Le temps pour le public de réclamer un rappel, et voilà que la musique d’intro du deuxième album retentit dans la salle. Le groupe va revenir donc………….pour 4 titres supplémentaires. Ca commence ‘gentillement’ par un Ghosts Along the Mississippi magistral, mais le meilleur reste à venir. Phil s’en va parler à Pepper et Kurt et nos 2 lascars entament alors l’hymne Stone the Crow. L’interprétation est au-dessus de tout, le public reprend le refrain en choeur et nombre d’entre nous pense que le concert touche à sa fin. Et pourtant…..une lumière pourpre et tamisée vient irradier la scène, Phil allume une cigarette, et, tel un messie, stoïque devant son pied de micro, entame le magnifique Jail. Le mimétisme entre le visuel du premier album et Phil est particulièrement troublant, tout comme le silence qui envahit la salle. Il se passe un truc durant les quelques minutes de ce titre de toute beauté, c’est certain, et rien que pour cet instant de magie pure, le déplacement valait le coup. Emotion et frissons garantis. Et alors que tout le monde, encore sous le coup de cette « claque », reste béat d’admiration, Down assène en guise de final un Bury me in smoke assassin dont le tempo lourd et ralenti à l’extrême viendra sonner la fin de la messe. 

Il est 22H35, les lumières se rallument, et Phil de rester immobile et muet sur scène, pendant au moins deux minutes….

Jihem / Stonerpope

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