HANGMAN’S CHAIR (+Team Ghost) – 04/05/2018 – Paris (La Maroquinerie)

A l’occasion de la sortie de son dernier album Banlieue Triste, Hangman’s Chair jouait à domicile le 4 mai dernier à la Maroquinerie. Le groupe parisien qui n’en finit pas d’aiguiser sa lame venait donc défendre les couleurs (noir & blanc) de son nouveau venu. Une date à ne pas manquer pour ceux qui les suivent depuis leurs débuts et sont témoins de leur ascension au podium catégorie poids lourd du doom/sludge français, et pour les autres aussi. Je tiens à préciser que cette chronique n’est absolument pas objective puisque je suis tout acquis à la cause du groupe depuis un moment.

La première partie est assuré par Team Ghost, un groupe de rock renforcé à coups de claviers, fondé par un ancien membre du groupe électro M83. Musicalement, on est bien loin de la tête d’affiche du soir, Team Ghost nous rappelle plutôt des groupes Interpol, parfois Placebo… Ce qui n’est pas pour nous déplaire. Entre claviers, guitares et paddle, le chant alterne entre les différents membres et offre au groupe une large diversité sonore. A en juger par l’ambiance dans la salle, Team Ghost a l’air de convaincre le public. Il faut pourtant l’avouer, la salle n’est qu’à moitié pleine et la plupart des gens préfèrent pour l’instant profiter de la terrasse extérieure et de la bière à l’eau.

Team Ghost

 

Après une mise en place qui semble durer une éternité, surement la faute à notre impatience, les lumières s’éteignent et l’intro éponyme de Banlieue Triste se met à résonner dans la salle. Les 4 membres du groupe entrent sur scène sous les applaudissements et démarrent sans préavis le morceau qui suit sur l’album, “Naïve”. D’emblée, le groupe nous arrose de sa hargne : le batteur Mehdi frappe sa batterie avec agressivité tout en gardant une maitrise métronomique, et le bassiste Clément est traversé par chacune des notes qui sort de son instrument, semblant prêt à exploser à chaque vibration.

 

 

Hangman’s Chair enchaine avec “Sleep Juice” et “04/09/16″, deux morceaux du dernier album qui permettent à nouveau au groupe une de faire démonstration de puissance et de style parfaitement exécutée. Pour les nostalgiques de l’album précédent, on aura droit à “Dripping Low”, “Cut Up Kids” et “Flashback”, l’occasion de confirmer que This Is Not… est définitivement un pur chef d’œuvre. Malgré la colère qui se dégage des morceaux, l’ambiance est très chaleureuse. Sur le côté de la scène, des enfants d’une dizaine d’années, les oreilles protégées par un gros casque, assistent au concert tout agités. Un autre du même âge se retrouvera on ne sait comment en plein slam, porté par le public puis invité à rejoindre la scène par Cédric, le chanteur guitariste. Hangman’s Chair, c’est finalement ça : une grosse envie de se débarrasser de notre tourmente intérieure en l’extériorisant en musique, et la partager avec la famille et les potes. On a face à nous 4 gaillards qui posent leur tripes sur scène et jouent avec la plus grande sincérité et gentillesse, très loin d’entretenir une image froide et distante de son public.

 

Le groupe nous offre ensuite le simple mais efficace “Can’t Talk”, issu de son split avec Greenmachine, et “The Saddest Call”, de Hope//Dope//Rope. Pour clore le concert, quoi de mieux que le magnifique “Touch The Razor”, avec un long passage calme tout en retenue qui monte progressivement en tension, suivi de “Full Ashtray”, où l’outro avec le sample de Georges Bataille a été déplacé à l’intro. Ces deux derniers morceaux nous prouvent à nouveau que le groupe explore de nouvelles sonorités et de nouvelles ambiances, faisant appel à plus d’effets et de subtilités, et qu’il ne cesse de se renouveler d’album en album.

 

Que dire de plus sur ce concert parfait. Hangman’s Chair véhicule un millier d’émotions, et les voir en live multiplie par 10 notre sensibilité. Hangman’s Chair, c’est Paris sous la pluie le moral en berne, c’est le feu intérieur et le cran d’arrêt dans la main moite, c’est la prostration devant la bouteille aussi vide que le regard, mais c’est aussi les potes et le demi-cacahuètes-rapido au PMU, c’est la bise, les rires et les vannes, c’est le sang, les larmes et le sourire.
Hangman’s Chair, c’est eux mais c’est nous tous aussi. Merci.

 

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