HELLFEST part II – Jour 1 (Jerry Cantrell, Hangman’s Chair, Lowrider…) – 23/06/2022 – Clisson

Arrivée sur le site en début d’après midi pour cette seconde partie de Hellfest 2022, la première journée de ce week-end de quatre jours (!) étant un peu plus courte, pour nous ménager un peu sans doute… On s’en souviendra de cette fête des 15 ans ! Le Hellfest est un ado vigoureux. En conséquence, rien de tel qu’un match de Catch de dessinateurs à moustache (!!) en ouverture pour chauffer les esprits et les poignets – une excellente façon d’attendre l’ouverture des portes de la cathédrale !


LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL

La Valley démarre tard pour ce jeudi de Hellfest (tout de même une heure et demie après le début du set d’ouverture de Phil Campbell en main stage). Los Disidentes Del Sucio Motel n’en prend pas ombrage et malgré une tendance au raffinage rock, le groupe entame son set avec lourdeur et talent. Appliqués (les musiciens se lâchent petit à petit), les alsaciens proposent une set list largement dédiée à leur excellent dernier album. Ils intercalent  néanmoins leur classique reprise d'”Immigrant Song” de Led Zeppelin version space, et en conclusion les bons vieux “Z” et “Kraken” pour finir de convaincre le large public attiré par leur prestation (lançant même un circle pit où la foule s’adonne au jeu avec la lenteur qui sied au lieu). Un bien bon moment et une superbe mise en bouche.


SLOMOSA

Avec une première volée de gros riffs, les Norvégiens gonflent rapidement les rangs du public, venu en nombre et en forme malgré la notoriété toute relative du jeune quatuor. Leur joie d’être parmi nous aujourd’hui est palpable tant les clins d’œil complices au public sont nombreux. Même si la voix du chanteur est parfois un peu limite, tout le monde y voit une particularité à chérir. Bientôt les notes de “Kevin” enflamment le public et les gobelets autant que les slammers volent dans tous les sens ; il faudra attendre que les amplis soient débranchés pour que le public retrouve son calme. Un public comptant sans nul doute un paquet de nouveaux adeptes. Slomosa à chaque set enfonce le clou de sa transformation en valeur sûre.


LOWRIDER

D’emblée les très attendus Lowrider laissent leur public dubitatif, et aux premières notes l’évident est là : le mix est baveux, en particulier du coté de la voix. Mais il s’agit d’une frayeur passagère, et rapidement le tir est corrigé. C’est aussi une des grandes qualités de ce festival que de savoir très généralement offrir le meilleur du son des groupes en Open air. La lancinance du jeu du clavier (désormais cinquième membre officiel du groupe, au moins en concert) est notable : reprenant en boucle les thèmes de certains morceaux, le claviériste occupe sa place avec justesse. Il est assez dommage de constater qu’il n’y a pas foule pour apprécier le set (bien que les rangs soient biens serrés près de la scène, on ne se bouscule pas passé un certain niveau) et les invectives de Peder Bergstrand criant “ça va là bas au fond ? ” auraient mérité un plus massif salut… Qu’importe, il avalent l’asphalte et foncent droit vers le succès de leur set qui au fil des titres prend en épaisseur, piochant largement dans l’ensemble de leur (petite) discographie : “Dust Settlin'”, “Ode to Ganymede” , “Red River”… pour le plus grand bonheur des fans hypnotisés, tout sourires, qui sortiront totalement essorés par la force d’un “Pipe Rider” qui fait mouche en conclusion de concert.


HANGMAN’S CHAIR 

Le blast assassin du groupe francais ne laisse pas de place au doute, il est venu asséner de la fessée auditive. De la fessée, certes mais avec classe. Bien qu’ils retournent les organes et le sol du lieu (quel son de basse, mes aïeux) les gars savent transformer le lourd en aérien. Hangman’s Chair distille ses notes et ses frappes avec la précision d’un chirurgien. Le public se régale et on ne serait pas loin de considérer que la journée pourrait s’arrêter là. D’un coup on se rappelle qu’il y a à peine quelques éditions ils étaient les petits poucets de la Valley, et les voila catapultés aux heures de têtes d’affiche avec une heure de set totalement hypnotique et envoutante. Les franciliens ont pour l’occasion peaufiné une set list piochant allègrement dans leur dernier suave album, n’allant qu’avec parcimonie raviver quelques bons titres de leur précédent Banlieue Triste (dont un très beau “04-09-16”). Les corps au ralenti se laissent porter par la musique et les nappes de fumée remplissent le lieu avant de s’échapper aussi bien des côtés que du fond de la tente (et promis cette fois il ne s’agit pas que d’herbe à chat). Les gars savent y faire en terme de mise en scène intrigante, jouant dans des vapeurs bleutées et parfois rougeoyantes du début à la fin de leur concert. Une totale réussite qui laisse sur le carreau les festivaliers qui ne reprennent pas bien vite le chemin de la sortie.


JERRY CANTRELL

Depuis 1998 Jerry Cantrell mène une discrète mais honnête carrière solo en parallèle du projet de sa vie, Alice In Chains, groupe qui lui aura tout fait vivre, du drame à la résurrection. Choisi en tête d’affiche de la Valley, le guitariste se présente avec 6 autres musiciens dont le guitariste et compositeur de musique de film Tyler Bates ainsi que Gil Sharone et Greg Puciato de Dillinger Escape Plan : le premier apporte son groove à la batterie et le second, et c’est là toute la curiosité, endosse la lourde responsabilité de faire revivre l’âme de Layne Stanley, puisque 10 des 16 titres interprétés sont des tubes intemporels d’Alice In Chains. Et soudain la magie opère. Puciato est constamment sur la brèche, entre majesté et émotion à fleur de peau. Il incarne à merveille l’héritage de son prédécesseur et fait revivre, le temps d’un concert magistral, la magie AIC jusqu’à l’enchainement final “Would ?” (son slam sur la moitié du morceau !) et “Rooster”, laissant la Valley débordée par ses émotions. L’un des plus grands moments du festival.


Une nuit de repos sous la pluie, c’est un peu l’inverse de la semaine passée où les températures étaient caniculaires. Une fraicheur bienvenue qui laisse de surcroit le site hors des eaux. Les conditions parfaites pour rattaquer d’ici quelques heures avec une seconde journée riche en musiques extrêmes.

[A SUIVRE…]

 

Rédacteurs :  Sidney Résurrection (& Laurent, Iro22)

Photos : Laurent (& Sidney)

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