Kyuss Lives !, Troy Torino, 24 juin 2011, Bordeaux, 25 juin 2011, Paris, France

Paris, Bataclan, 25 juin 2011.
Où fallait il être à Paris le 25 juin pour avoir chaud? Au festival Solidays? Non… Au concert des Black Eyed Peas au stade de France? Non plus… Au défile de la Gay Pride alors? Et non, bien tenté. Non, hier, l’endroit le plus chaud de la capitale c’était sans aucun doute le Bataclan!
Mais quel concert ! Mais quel concert ! MAIS QUEL CONCERT !
Pour son retour en Europe pour la seconde partie de la tournée après un petit détour par l’Australie et la Nouvelle Zélande, Kyuss Lives! a (qui a dit enfin?) programmé deux vraies dates en France (en plus du Hellfest et des Eurockéennes). Bordeaux le 24 et Paris le 25 au Bataclan.

Il est toujours intéressant de voir un groupe en tout début de tournée et aussi un peu plus tard. C’est ce que j’ai fait avec deux shows à Bruxelles en mars (chronique de Stonerpope sur le site) et ce show du Bataclan en cette fin du mois de juin. Sans être aussi négatif que Stonerpope dans sa chronique, il est vrai que le show de Bruxelles avait un goût d’inachevé et j’avais finalement même préféré le projet Garcia Plays Kyuss pourtant moins rutilant sur le papier.
Le 25 juin au Bataclan, ce fût une totale réussite. Le groupe, le son, le public, tout était parfait.
Déjà la première partie était bien sympathique. Avec un rock stoner assez convaincant, les hollandais de Troy Torino entament la soirée de fort belle manière avec un set que 40 minutes assez énergique. La température ambiante commence à monter mais reste supportable.
20h30, la musique d’intro commence, le groupe entre sur scène et commence son show sur un surprenant « Spaceship Landing ». Pas surprenant que ce titre soit joué car il l’est sur quasiment tous les concerts, mais étonnant que ce soit le morceau d’intro. Habituellement, on a plutôt tendance à débuter avec un titre relativement court et péchu histoire de bien chauffer l’ambiance. Je trouve donc assez culotté d’entamer le concert avec ce titre. Mais quelle réussite, après ces plus de dix minutes j’étais déjà soufflé, conquis.

Le public, malgré la chaleur à la limite du supportable, est hyper réactif. L’ambiance est très bonne. Pour situer un peu les choses, il y avait très longtemps que je n’avais pas vu un public applaudir autant avant le rappel. Considéré comme acquis maintenant, j’ai remarqué que bien souvent le public attendait gentiment que les groupes reviennent sur scène et qu’il n’y avait jamais que quelques fans hardcores pour crier comme des damnés. Et bien ici, ce fût applaudissement nourris pendant la pause, ça fait plaisir. Et que dire de la fin de « Supa Scoopa and Mighty Scoop ». Sur les coups de batterie achevant ce morceau, le public est tellement réactif que Brant Bjork se prend au jeu et en rajoute une bonne dose, le public criant sur chaque coup de cymbales.
Autre énorme moment du concert, sur la partie instrumentale de « Whitewater », John Garcia partage sa bière avec quelqu’un du public avant de partager une bouteille d’eau, puis deux pour finir en distribution de plus d’une dizaine de bouteilles. Le groupe a chaud, le public est en feu. John, totalement liquéfié et c’est peu de le dire, se donne sans compter et après sa distribution de boisson, monte sur la balustrade pour se laisser porter par le public, incroyable. Si vous connaissez un tant soit peu John Garcia, vous savez ce que ce geste représente.

Quelques mots car il le mérite aussi sur Bruno Fevery à la guitare. Loin d’un long discours et surtout d’un comparatif, je vous dirai simplement, en exagérant un petit peu bien sur, c’était qui le guitariste de Kyuss avant déjà ? M’en souviens plus, c’est pas bien grave, maintenant c’est Bruno Fevery, point barre.
Bref, après un rappel écourté mais on leur en veut pas (« Allen’s Wrench » était prévu), le groupe quitte la scène, le public quitte la salle pour aller chercher un peu d’air et de fraîcheur ô combien bénéfique après une telle soirée!

Shinkibo

 


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Bordeaux, Krakatoa, 24 juin 2011

Le concert de Bordeaux la veille, même s’il n’a pas rempli cette grande salle qu’est le Krakatoa, rencontre un bon succès (le public est bien tassé, même si le balcon n’est pas ouvert). La set list est peu ou prou la même que celle de Paris, avec 1 morceau en supplément, ce qui est toujours appréciable !

Le public n’est tout de même pas aussi « chaud » (je ne parle pas forcément que de la température) que celui observé à Paris, toutefois. Il faut dire que l’alchimie vient aussi du groupe, or les musiciens sont certes concentré, mais aussi un peu « mous ». Il faut dire que, sans tirer de conclusion hâtive, Oliveri a le regard plutôt « vague », si vous voyez ce que je veux dire, et Garcia commence le concert en quémandant une cigarette rigolote au public…
Rien que ne pénalise le concert toutefois, avec une set list « non festival » qui forcément se concentre très fort sur « Blues for the red sun » (6 titres, soit presque la moitié de l’album), ce qui rend ce projet vraiment « concret »… et accessoirement redore le blason de ce pourtant excellent album.

Même si le concert ne manque pas de temps fort, on notera des impros sympas de Garcia sur des passages instrumentaux, des jams bien gaulées, et globalement un concert bien maîtrisé (je me rappelle d’une transition bien maîtrisée entre « Rodeo » et « 100° » – je ne mettrai pas ma main au feu sur les titres, je n’ai pas pris de notes…).

Plus que le minimum syndical, le groupe ce soir a tout simplement ravi le public, et à l’image de Shinkibo, je suis ravi de la tournure qu’a pris ce projet. Superbe concert.

Laurent

SET LIST DES 2 CONCERTS :

Spaceship Landing
Gardenia
Hurricane
Thumb
One Inch Man
Conan Troutman
Freedom Run
Asteroid
Supa Scoopa and Mighty Scoop
50 Million Year Trip (Downside Up)
Odyssey
Whitewater
I’m Not (prévu à Bordeaux mais non joué)
El Rodeo
100°
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Molten Universe
Allen’s Wrench (joué à Bordeaux, prévu à Paris mais non joué)
Green Machine

[Photos : Laurent]

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