WEST OCTOBER SESSIONS (Dirt Circle + Birds of Nazca + Walnut Grove DC+ Deadly Vipers) – 09/10/2021 – Nantes (La scène Michelet)

 

Il fallait arriver tôt ce soir au Michelet pour profiter des copains, de la bière et des burgers amoureusement préparés par l’asso West Stoner Sessions. Ces organisateurs de concerts ne courent pas après les affiches, en effet il se limitent à 2-3 concerts l’an et un festival sur deux-trois jours l’été venu. Cette année, consécutivement à la période de doutes dont nous sortons suite au confinement, c’est une reprise en douceur décalée à l’automne et renommée West October Sessions qui nous attends. Pour autant le plateau n’est pas ridicule, Dirt Circle, Birds of Nazca, Walnut Grove DC et Deadly Vipers. Les néerlandais de Komatsu auraient dû jouer la tête d’affiche mais suite à une annulation de dernière minute celle-ci est décalée d’un rang, ce qui n’a rien de dramatique, nous le verrons.

 

Dirt Circle

Dirt Circle pourrait paraître un choix léger pour cette soirée aux revendications stoner affirmées. En effet, le set du quintette nantais respire le grunge et suinte le punk à papa, pour témoins d’ailleurs une reprise de “I Wanna Be Your Dog” des Stooges en plein milieu du set qui consciencieusement met l’assemblée en bouche. Il faut dire que les gars chauffent la salle comme il faut et leur prestation énergique et maîtrisé va venir combler les oreilles avides de stoner et mettre en jambe l’assemblée avec un titre particulièrement vif, “Enemies”, où le chanteur pose sa gratte pour prendre d’assaut l’espace de la scène et marteler physiquement la musique pour clôturer le set sur un efficace “The Sky”.

 

Birds of Nazca

Birds of nazca est aussi un groupe des bords de Loire qui n’a pas eu beaucoup de route à faire pour venir remplacer au pied levé le groupe qui a fait faux bond au West Stoner Sessions. Le duo peut s’enorgueillir de s’être fait remarquer dans l’efficace concept des Smoky Van Sessions. Leur Stoner posé sans surplus technique est d’une efficacité redoutable. Le duo guitare batterie ne tarde pas à emporter l’auditoire malgré quelques problèmes de sangle défectueuse côté guitare. Passé ce cours de bricolage et avec l’aide d’une console son aux petits soins, Guillaume et Romuald transforment le set en façonnage de poutres et soulèvent les planches du devant de la fosse avec des basses dantesques pour un groupe qui n’a qu’un guitariste pour servir les cordes. Côté batterie, sous des dehors paisibles les enchaînements de cavalcades se multiplient et l’ensemble finit par glisser vers un flirt post métal après l’invocation shamanique du titre “Symposium”. Le tour de force du duo est bel et bien de servir du riff puissant et fédérateur, tenu en une poignée de notes sur une frappe parfois quasi binaire. Un groupe, indéniablement à suivre.

 

Walnut Grove DC

La soirée ayant définitivement pris le tournant de la puissance assumée et du déchaînement d’amplis, c’est au tour de Walnut Grove DC d’enchainer les brûlots joués vite et fort. Balls to the wall comme on dit dans l’aéronautique anglo-saxonne. Bigrement poseurs les trois rochelais sentent le jack, le pneu brûlé et la poubelle, c’est un peu le son qui sort de la caravane au fond du bayou. Le groupe s’appuie sur la voix du chanteur, elle décape l’assemblée et les instrumentistes viennent passer le gras par-dessus les rayures. L’ensemble tient beaucoup grâce au duo basse batterie et à un travail côté console qui ajuste les instruments du côté gras de la force. Le public quant à lui sent la connivence, la salle s’est densément peuplée et pour se frayer un chemin jusqu’au pied de la scène il faut affronter quelques tenaces fans qui défendent chèrement leurs positions. Ça commence à sentir la sueur et même si on est loin du déchaînement frénétique il faut bien avouer que Walnut Grove DC donne satisfaction à son auditoire.

 

Deadly Vipers

Ça sent encore la gomme brûlée lorsque Deadly Vipers monte sur scène. Il leur aura fallu faire quelques bornes depuis Perpignan pour venir s’offrir au public du Michelet ce soir. De bornes faites pour s’offrir mais aussi pour parler réchauffement climatique car une fois de plus le quartette démontre que le sud de la France doit être un véritable désert, source d’inspiration d’un son comme on les aime. Malgré une voix un tout petit peu en retrait au niveau de la console, force est de constater qu’il n’y a pas devant nous un artiste en dessous de l’autre. Leur maîtrise du son et de la technique emporte progressivement une salle trop vide pour un tel niveau de qualité. Rudy, le batteur, carré et puissant égraine les chapelets d’astuces pendant que le son de basse de Thomas se fait hors norme et redonne la guitare de David quand ce n’est pas l’inverse. Si à force de saillies vocales Fred commence à transpirer sévère sur scène, le public n’est pas en reste, ça commence à sentir dans la fosse, les corps bougent et révèlent la condition animale à laquelle nous appartenons entièrement à présent. La soirée se termine en apothéose au son des anciennes et nouvelles compositions d’un Deadly Vipers qui redoutable d’efficacité provoque un pogo défouloir qui viendra clôturer le set.

Une fois redescendus au rez-de-chaussée et sur terre il est l’heure de prendre encore quelques verres entre amis, de contempler sur les visages fatigués mais heureux du travail accompli par les West Stoner Sessions et quatre groupes de qualité. On aurait aimé que la soirée fut un weekend entier, on aurait aimé en recevoir encore et que cela ne s’arrête jamais mais il faut une fin à tout et apprendre à se satisfaire de la saine fatigue dispensée par une orga aux petits oignons dans le parfait écrin du Michelet.

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