Year Long Disaster, Scarlett, Dexter Jones Circus Orchestra, 13 avril 2008, Sojo, Louvain, Belgique

Toujours sympa de se retrouver dans ce petit club du Sojo dont les planches ont déjà été foulées par des pointures comme Solace, Orange Goblin, Mastodon, Bant Bjork, Ed Mundell de Monster Magnet… Après le repas dominical (ça tombait un dimanche) et une sieste bien méritée, on se retrouve tous comme prévu pour 19h et, dans la salle, on voit de nombreuses têtes ô combien reconnaissables puisque ce sont toujours les mêmes abonnés des concerts organisés par l’assoce Orange Factory qui s’y retrouvent. On va d’ailleurs en profiter pour féliciter Sara et Benny au passage. Scarlett a l’honneur (ou le désavantage, c’est selon) d’ouvrir le feu. Leur psyché stoner instrumental se révèle d’entrée de jeu de très bonne composition. 5 musicos (dont un claviériste) s’entendent très bien au niveau musical. J’apprends que l’un d’entre eux joue aussi dans Hypnos 69 mais ce ne peut pas être Steve Houtmeyer (guitariste/chanteur d’Hypnos 69) puisque l’on aperçoit vite sa silhouette, sa longue chevelure et ses favoris jusqu’aux épaules dans le public. Le groupe nous délivre une bonne prestation tout au long du set et reçoit à juste titre l’approbation du public via des applaudissements que l’on peut deviner sincères. Vient ensuite le tour de Dexter Jones Circus Orchestra et ses musiciens à la fratte de gipsy. On plonge tout de suite dans une ambiance digne de Woodstock et il ne manque plus que les symboles peace & love et les enfants déguisés en angelots sur la scène pour parfaire le tout, les vapeurs de dame Marie-Jeanne étant déjà répandues dans certains endroits de la salle…

Si le groupe, au départ, donne un peu l’impression d’être mollasson, il faut en tout cas reconnaître que la sauce prend de mieux en mieux au fil des chansons qui gagnent en intensité et en électricité. En effet, pour les 3 derniers morceaux, c’est Steve Houtmeyer qui rejoint DJCO sur scène pour tenir le poste de lead guitariste. Il nous délivrera d’ailleurs quelques magnifiques soli qui nous prouvent bien que ce type possède une touche personnelle remarquable. Le public est chaud et il ne reste plus qu’à foutre le feu pour Year Long Disaster. C’est d’ailleurs ce que le trio va s’empresser de faire dès les premiers accords. Ils trouvent leurs marques sans problèmes et la machine carrée californienne n’a plus qu’à lâcher les chevaux.

Daniel Davies – fils de Ray Davies des Kinks soit dit en passant – se révèle être un très bon guitariste et un excellent chanteur, le tout emballé dans des postures 100% rock. Sa voix haute et un peu criarde ne récoltera peut-être pas les suffrages de tout le monde mais elle colle parfaitement à la musique. La section rythmique (Rich Mullins à la basse et désormais Brad Hargraves derrière les fûts, soit les 2/3 des défunts Karma to Burn !) assure grave et pilonne sec dans des constructions bien carrées. Ca bastonne dur et pourtant, on en redemande. Le public se retrouve pris dans un feu croisé et c’est tout le Sojo qui s’enflamme. Les pompiers n’ont pas encore pointé le bout de leur nez et notre équipe de 3 tueurs continue son travail sans la moindre faille. Un sacré bordel bien agencé ce putain de groupe! Leur concert est à la hauteur de la grande qualité de l’album (voir la chronique dans la section ad hoc).

Les mecs arrivent à maintenir une tension de malades tout au long du set et sortent sous les applaudissements et hurlements du public pour revenir 3 minutes plus tard achever le grand incendie. On se plaît à les regarder exécuter 3 autres morceaux et puis le mecs se tirent, l’air satisfait de la zone qu’ils ont mise. Pas trop le temps de refaire le concert au bar puisqu’il y a encore de la route à tailler pour le retour et il faut bosser le lendemain. Un petit détour quand même via le disquaire ambulant posté près de l’entrée, histoire de dégoter l’une ou l’autre rareté, et puis vamos. Mes oreilles ont sifflé tout au long des 180 bornes pour regagner la maison mais quel grand concert!

Thib

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