VALIENT THORR – juillet 2009


Valient Thorr, un groupe à l’énergie débordante qui, petit à petit, se forge une réputation solide de groupe de scène.

Et aussi des membres bien sympathiques qui se plient volontiers à l’exercice de l’interview.


J’aimerais d’abord vous poser la question la plus nulle qui soit: Avez-vous un lien de parenté avec ZZ Top ?

Valient : Je ne pense pas. Je pense qu’au fond, dans le cours des choses, si on regarde notre histoire, tous les gens de la Terre sont descendants du peuple de Venus, mené ici après les dinosaures qui ont essayé de nous tuer. Donc dans un sens, peut-être de très très loin, mais pas juste parce qu’on a des barbes.

Eidan : Mais il faut aussi dire que pendant les 70’s certains d’entre eux auraient pu coucher avec l’une de nos mères.

Alors, vous êtes en tête d’affiche ce soir, est-ce ce que ça fait partie d’une grosse tournée ?

Valient : Euh, c’est en quelque sorte la fin de notre deal estival, rien de géant. C’est notre vie quotidienne.

Valient : En ce moment c’est l’Europe, les US et le Canada. On va essayer de s’arrêter en Amérique du Sud très bientôt, et peut être l’Australie, le Japon après ça. Ça prend du temps, on va revenir en novembre en Europe de l’Est pour la Croatie, la Slovénie, pas mal d’endroits où on a jamais été.

Vous vivez vraiment sur la route !

Valient : Ouais !

Il parait que vous aviez joué 272 concerts en une année, c’est vrai ?

Valient : C’est un calcul qu’on a fait une fois, mais Lucian (batteur) vient de me dire que ça a peut-être été un peu exagéré. Mais c’était au dessus de 200 pour sûr ! Je vais me fournir le compte officiel, je veux pas qu’on me dise « Ce trou du cul est un menteur ! » et je vais vérifier, parce que ce serait génial de savoir exactement. Le jour où on aura le 2000e, 1500e concert, ou un autre gros nombre on pourra venir le crier sur scène. Ça fera un sacré paquet de concerts ! Aucun doute là-dessus.

Comment êtes-vous parvenu à faire ça ? Quelle est la motivation ?

Valient : On y est arrivés…

Eidan : …en y allant, simplement.

Valient : Dans le passé on a laissé pas mal de sales choses derrière nous, brisé des cœurs, eu nos cœurs brisés, fait des bêtises, et on en a réparé d’autres…

Eidan : En fait ils m’ont récupéré sur leur première tournée. J’ai pris mon lit, mes habits, tout ce qui m’appartenait, et je les ai mis sur le trottoir. Direct dans le van. « C’est parti on dégage. »

Vous avez été en Europe pour la première fois avec Fu Manchu en 2007, comment avez-vous trouvé la région ?

Valient : J’ai adoré ! Ça nous a pris beaucoup plus de temps d’arriver à ce stade aux US que ca nous en a pris ici… Les gens sont plus réceptifs, ils sont excités parce qu’ils n’ont pas l’occasion de nous voir si souvent que ça, ils prennent l’opportunité de venir nous voir, nous montrer leur respect, et faire la fête tout le long, c’est super cool.

Quel est votre endroit favori ?

Valient : Ah merde y’en a tellement !

Alors pouvez-vous nous dire la différence entre un public américain et un public européen ?

Eidan : Ils sont tous les deux importants, les deux sont à fond.

Valient : Notre public est là pour nous peu importe l’endroit.

Les Thorriors !

Eidan : On a tous les mêmes origines, mec.

Valient : C’est différent partout dans le monde parce qu’au fond, s’ils sont des Thorriors (NDLR : fan club de Valient Thorr, ils portent des blousons en jeans à l’effigie du groupe), ça leur prend une seconde pour comprendre comment ça va se passer, ils le savent tous. Et ils font la fête à fond. Ça ne peut pas être meilleur que ça.


Est-ce que vous voyez beaucoup de veste de Thorriors en Europe ?

Valient : Oui oui ! Je n’avais jamais entendu parler du Chapter (NDLR : division régionale des Thorriors) qu’il y avait ici. On voit des casquettes, des t-shirts, même un van à notre effigie. Vous savez, même les paroles, dans chaque endroit comme l’Autriche, la Scandinavie, ils les connaissent toutes, partout ou on va. C’est vraiment cool, le message touche les gens partout.

A propos du message justement, pourquoi est-il aussi politique ?

Valient : Oui il n’est pas que question de rock’n’roll. On se rassemble pour pointer du doigt le fait que peu importe nos différences, on est tous sur cette planète, on en a qu’une seule, on doit s’en occuper, et les gens méfiants de tous les autres sans raison bloquent la communication. Mais si tu dis « Voilà, je pense qu’il y a des choses qui clochent », tu donnes de la voix, tu rends ce message plus fort avec de la musique, ça ouvre le dialogue. On peut changer. Ce ne sera peut-être pas toi directement qui fera le boulot, mais quelqu’un d’autre aura été motivé pour le faire. Plus on se motive ensemble l’un vers l’autre, moins on se divise, on s’éloigne l’un de l’autre. Je pense que c’est la meilleure façon d’agir. Le rock’n’roll est le meilleur catalyseur pour commencer un dialogue. Peu importe si on est vieux ou jeune, noir ou blanc ou n’importe quoi entre tout ça, le rock’n’roll a toujours été les sutures. C’est ce qui fédère, comme toute musique, le jazz, le blues, l’ont été à un moment donné. Ça te fait bouger la tête, on entre en relation avec ces gens. Le rock’n’roll a ça. Alors si tu peux ajouter au rythme quelque chose auquel tu crois, et que les gens qui l’entendent disent « Ça ressemble vraiment à ce en quoi je crois ! » alors ils s’associent et te poussent.

Eidan : Ça a un impact sur tout le monde de toutes façons…

Valient : Notre dynamique est la vie des gens. On croit en ce qu’on raconte, ils croient en ce qu’on raconte, et ça roule à partir de là, c’est comme ça qu’on créé une avalanche.

Le message de votre dernier album est plus universel, alors que le message des albums précédents était plutôt axé autour de l’administration Bush. Est-ce parce que vous voyagez plus souvent en dehors des USA, qu’il faut un message qui touche tout le monde ?

Valient : Et bien, le monde est plus grand qu’un seul pays, je ne représente pas les USA. Nous sommes d’une autre planète, nous sommes venus ici pour aider cette planète en péril si tout le monde continue à s’étriper. Les USA ont fait des erreurs, tout le monde fait des erreurs. Tu existes au travers de tes expériences, et tu fais tes choix de vie en fonction. Mais si, en tant que petit garçon ou petite fille, tu peux être éduqué de façon à aider ton prochain, du début à la fin, alors on ne sera plus effrayés les uns des autres. Si tu as cette peur, tu ne peux pas aller dans un autre pays, apprendre ce qu’ils ont à t’offrir, ni leur faire apprendre ce que tu as à leur offrir. De cette façon on devient plus proches, une communauté plus rapprochée. Je sais pas, je préférerais continuer à progresser plutôt que de tomber.

Pourquoi avoir choisi Volcom ? C’est connu pour être une marque de skate.

Valient : Quelques gars skatent, d’autres travaillaient dans des magasins de skate…

Eidan : …on va bien ensemble c’est tout, tu vois ce que je veux dire ?

Valient : Oui c’est une coïncidence. Ils ont une légitimité dans le milieu, on croit en ce qu’ils croient, ils font des fringues pour de bons gars, ils ont commencé de zéro, tout comme nous, et ils croient en notre truc, ils nous aident vraiment.

Eidan : C’est un bon petit mariage qu’on a là.

Ils sont nouveaux dans le milieu de la musique n’est-ce-pas ?

Eidan : Pas vraiment, ça fait un moment ! Plus de 10 ans.

Valient : Ils sont présents depuis 14 ans, avant ils faisaient la musique de leurs potes, mais maintenant ils se mettent à des choses plus sérieuses (NDLR : Year Long Disaster est aussi signé sur Volcom).

Eidan : Mais ça marche bien, ce sont des gens biens.

Pourquoi croyez-vous que la scène stoner est toujours underground alors qu’elle est très active ? Est-ce pour le mieux ?

Valient : Oui parce que si ça devient grand public ça n’a pas de sens. Il y a une bonne communauté intelligente de gens qui écoutent et apprécient cette musique, et si pour une quelconque raison il commence à y avoir de vrais hits, si la popularité grandit c’est bien, mais si ça devient pompé de partout comme les autres genres que passe la radio commerciale, les gens vont arrêter d’y croire et ce ne sera plus que copie sur copie sur copie au lieu de développer de nouvelles choses.

Eidan : Ce qui compte vraiment brille toujours de toute façon, même dans un contexte grand public. On pourrait être dans le même créneau mais ils ne seront toujours que des « autres groupes ». Tu pourrais nous reconnaître avec le cœur.

Valient : Et le truc marrant c’est que la musique grand public n’a rien à voir avec notre culture, avec ce qui nous motive. Ce qu’on fait ne conviendra jamais à la culture populaire. Ce n’est pas grave parce qu’on ne le fait pas pour l’argent, on le fait pour ceux qui veulent l’entendre. Ils ne savent peut-être pas encore qu’ils le veulent, ils peuvent penser qu’on craint, mais tout à coup, ils rencontreront un pote, ou ils parleront à une fille cool dans un magasin de disques, et ils seront introduits à quelques morceaux qui tuent, et ce sera parti… Tout le monde embarque. Tout est une question d’expériences.

On doit aller chercher tout ça.

Valient : Mais si tu vis dans un arbre, en rase campagne, ou autre, ce n’est pas ta faute si tu ne sais pas !

Eidan : On sera là bientôt !

Comment vous sentez-vous pour le concert de ce soir ?

Valient : Très bien !

Eidan : Santé !

Valient : Prost !



juillet 2009 par Mathieu Springinsfeld et Vincenzo Russo

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