Porn (Men of) – Wine, women and song…

Label : Small Stone Records (2004)
Chroniqué par Brotherfab

Porn (Men of) - Wine, women and song...

Avis de Brotherfab

Récapitulons. Porn est le groupe de Billy Anderson (producteur de tout premier plan ayant travaillé avec Cathedral, Eyehategod, High On Fire, Los Natas, Melvins, Neurosis, Sourvein, Sleep, Unsane, etc.). Ce qui donne une idée du personnage et de la qualité de son travail. Et le gaillard sait s’entourer. Encore une fois, il recourt aux services du talentueux Dale Crover, batteur des Melvins. Mais également à ceux de Tim Moss, chanteur et guitariste, timbré notoire, ayant officié au sein de Ritual Device dont la voix évoque quelquefois celle de Judah des Thrown Ups, autre groupe de barges magnifiques.

Donc, nous voici en présence du tout meilleur album de Porn. Ou chaque musicien apparaît profondément inspiré. Tirant le meilleur parti de son instrument. Pour en extraire des sonorités d’une étrangeté peu commune. Le tout magnifié par un son d’une densité phénoménale. Un peu comme si Killdozer s’était mis à pratiquer un doom énigmatique en son temps.

Bref, pas la peine d’en rajouter, ce disque est un must. Il ouvre sur de mystérieux horizons dont les contours sont encore difficiles à cerner. Ce qui le rend aussi jubilatoire. Un avis que partage probablement le grand Frank Kozik qui, une fois encore, a fort joliment habillé ce disque.

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Avis de Thomas :

Les (Men of) Porn (qu’on pourrait appeler (Man of), finalement) ont plus d’un point avec les Melvins, quand on y regarde bien :

– Porn, c’est le projet d’un seul homme, le géant Tim Moss (aux troublantes ressemblances physiques avec un autre monument de la nature, Scott Reeder) comme on peut considérer les Melvins comme le groupe de Buzzo sans trop frustrer les fans (non? pas taper! pas taper!), faisant appel à des musiciens interchangeables de sessions ou pour le live.
– Porn est également un laboratoire d’expérimentations sonores. Moss se permet tout. Mais au lieu de faire dans le délire sauvage et incompréhensible comme la bande à Tahiti Bob, il recherche l’abrutissement auditif via des fréquences et une saturation abusive.
– Porn possède un son aussi salement plombé que le duo de Seattle à l’époque (bénie) de Ozma/Bullhead/Lysol.
– Enfin, Porn et les Melvins, tout du moins sur ce disque, se partagent le même batteur, l’infatigable Dale Crover.

Sur ce disque, troisième du nom, on retrouve Moss, Crover derrière les fûts et Billy Anderson à la fois à la basse, aux beuglements occasionnels (souvent donc) et à la production. Et ça s’entend ! Quel son, quelle densité palpable ! Etouffant, suffoquant, redéfinissant le qualificatif « lourd ». Je crois qu’à ce stade, seul un disque de Warhorse peut rivaliser. Chaque coup de boutoir de Crover malmène votre rythme cardiaque ; mais quelle frappe de mule ! A la fois puissante et véloce, je n’en revient toujours pas.

En bref, cette espèce de dream team burnée démontre qu’il faut parfois être des mecs salement expérimentés pour donner naissance à un vrai disque aussi vicieux. Le tempo est lent, les riffs stoner à la limite de la tétraplégie et pourtant, qu’est ce que ça groove. Vous vous imaginez sûrement un disque dissonant, quasi sludge. Que nenni, pas la moindre trace d’un larsen ou d’un grésillement impromptu, ces mecs maîtrisent leurs instruments et frappent là où ça fait mal. Les voix sont éraillées mais pas gueulardes, les mélodies bien là mais nous sommes bien trop occupées à survivre à la première écoute pour y faire attention.

Ce disque est une épreuve mais aussi une magnifique démonstration de rock poisseux et maladif. Une ode à lourdeur et à son ambassadrice, la saturation.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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