Brutus – Behind The Mountains

Label : Svart Records (2013)
Chroniqué par Flaux

brutus-mountains

Forcément avec un nom pareil, on imagine de la filiation violente mâtinée de traîtrise et de poignard vengeur. Ce Brutus-là, petit fils adoptif de Black Sabbath et de Blue Cheer, fait plutôt dans l’hommage et la partition appliquée. Ça suinte les 70s par toutes les mécaniques des guitares.
Le quintet scandinave dans « Behind The Mountains » nous balance un rock typé, efficace, qui dès les premières notes et harmonies vocales de « The Witches Remains » nous emmène à Birmingham en 1968. C’est sombre, lourd, ça bourdonne velu. Mais les poilus savent aussi se faire groovy et les morceaux suivant, « Personal Riot » et « Big Fat Boogie » sauront dénuquer le plus gonflé des culturistes. Du riff efficace sur de la rythmique binaire, du solo rocaille et de la basse précise, du son taillé pour le live et la bière.

Là où réside l’intérêt de cet album, c’est quand Brutus ralentit, quand il tape dans le mid-tempo, quand le blues envahit les entrelacs des guitares, que la section rythmique fait sonner la mélancolie. « Blue pills » est un de ces morceaux où le groupe prend le temps de nous en coller une derrière l’oreille. Et « Reflections » en est le merveilleux représentant. Quatre notes fortes, lentes et marquées annoncent la couleur. Brutus ne fait pas dans la ballade sirupeuse mais dans l’introspection, dans la mélodie lancinante. « and she lost her mind ». Le chant plus posé que sur les autres titres invite à l’écoute. Oui définitivement un blues, mais un blues bâtard qui en son centre bascule dans une course effrénée où le groupe accélère comme s’il avait le diable aux trousses. Ca joue vite, ça joue foutrement juste, on exulte à l’idée de prendre cette claque en live. Uppercut. Le titre re-bascule dans le mid-tempo, on reprend son souffle. Le crunch de la guitare, les nappes d’orgues subtiles, à nouveau, Brutus décélère et nous laisse pantois après ces 7 minutes incendiaires. Je comprends ce que ressentent les personnages sur la pochette de l’album. Et pour le coup, de noter le réel intérêt de l’artwork et la corrélation avec la musique du groupe.
L’album se termine sur « Can’t Help Wondering Why ». 9 titres, 45 minutes. Pas plus, pas moins, pas besoin.

« Behind the Mountains » est un album concis et honnête, la production y est propre, le mixage précis laissant la place à toutes les composantes du groupe. L’addition d’orgue et d’harmonica se fait avec parcimonie et juste ce qu’il faut pour enrichir des morceaux comme « Crystal Parrot ». Brutus ne révolutionne pas le genre mais participe intelligemment, à l’instar de Kadavar, à son renouveau et fait preuve d’une véritable originalité quand il prend le temps de développer ses idées.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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