Black Rainbows – Hawkdope

Label : Heavy Psych Sounds (2015)
Chroniqué par Iro22

blackrainbows-hawkdope

L’histoire de Black Rainbows est depuis le début liée à la France. C’est en effet chez Longfellow Deeds, label parisien, que le trio Italien fait ses premiers pas, avant qu’ils n’aient leur pays, puis l’Europe à leur botte. Désormais il paraît clair que l’hexagone exerce toujours une certaine attraction chez le groupe, et réciproquement. Venus de Rome, où ils sont grandement responsables de l’effervescence musicale des soubassements de l’antique capitale Italienne, les trois membres du groupe organisent des concerts, enregistrent dans leur studio et diffusent leur son via leur propre structure, Heavy Psych Sound Records. Seuls décisionnaires à chaque étape de la manufacture de leur musique, les romains ont réussi, avec trois albums, un split avec Farflung, puis un autre rassemblant également Naam et The Flying Eyes, à s’inscrire comme l’un des combos qui comptent, chez eux bien sûr mais aussi et surtout en dehors de leurs frontières, à force de tournées et de concerts à haute teneur en fuzz.

Héritiers d’une musique où l’on croise l’urgence des MC5 et les digressions d’Hawkwind, chantre d’un stoner d’abord désertique, puis un poil plus personnel, Black Rainbows a clairement forgé sa réputation sur scène. Si leur premier album Twilight in The Desert péchait par ses influences marquées et Carmina Diablo par une volonté forcenée de trancher avec le précédent, le trio a trouvé sa recette sur Supermothafuzzalicious. Au moment de fêter 10 ans d’existence avec un quatrième opus, Hawkdope, c’est un groupe dans la force de l’âge que l’on retrouve, publiant tout simplement son meilleur effort à ce jour.

Il y a, c’est désormais évident, quelque chose de Fu Manchu chez les Italiens. Cette obsession pour le fuzz ne vient clairement pas de nulle part, ainsi que ce groove rond comme les mamelles de la louve à laquelle Gabrielle Fiori et ses deux acolytes se nourrissent goulument. Mais il semble important de faire également un parallèle avec Monster Magnet, dont Black Rainbows a décortiqué les extravagances psychédéliques, jusqu’à en gaver Hawkdope jusqu’au moindre recoin. Le titre même de l’opus sonne comme à hommage à ceux qui célèbrent les drogues jusqu’à l’infini. Chaque morceau est un hit, du refrain « Hypnotize My Soul with rock’n’roll » aux accents sludgy du riff de « Killer Killer Fuzz » en passant par le tempo lascif et presque sexuel d’« Hawkdope ». La galette est inFUZZée de guitares, transpire le groove et répand son aura cosmique piste après piste. Incarnation messianique de l’esprit du disque, le single « The Prophet » prêche pour la paroisse de ce noir arc-en-ciel à grand renfort de guitares dont l’interminable solo renforce, si besoin était, la filiation avec l’ancien groupe d’Ed Mundell.

Plus apaisé que Supermothafuzzalicious, tout en gardant une continuité certaine dans la discographie en mouvement des italiens, Hawkdope poursuit l’exploration des chemins nébuleux, voyage que le trio avait commencé à entreprendre sur Holy Moon pour ramener le propos sur les berges chaudes d’un rock fuzzé de tout premier ordre. La synthèse est d’excellente facture qu’on se le dise.

 

Le point vinyle :

Très au fait des envies des collectionneurs, Black Rainbows cajole ses fans avec une version ultra limitée et numéroté à 100 exemplaires (yellow splatter), une version violette à 400 unités pressées ainsi qu’une version gold. Les prix vont de 15 à 45€ selon votre degré de folie.

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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