Howard – Obstacle

Label : Klonosphère (2020)
Chroniqué par Flaux

Quel exercice plus délicat que d’évoluer dans le monde du « classic rock » ? Quel agrès plus difficile que celui des Purple pères, des Doors darons et autres tontons Zeppelin ? Les codes du genre ont tellement été assimilés, digérés, recrachés depuis 50ans, un demi-siècle nom de nom, que s’attaquer à ce style et vouloir y défendre sa patte relève soit du suicide soit d’une foi inébranlable en ses capacités.

Howard the band ne se pose, à vrai dire, pas la question. Il fonce dedans au travers des sept compositions qui charpentent son premier album, Obstacle.

Soutenu par une ossature guitare-batterie-orgue, le trio navigue sur ce long fleuve peu tranquille qui serpente depuis la fin des années 60. A l’aise techniquement, les musiciens ont donc le loisir de développer leur sens de la mélodie et ont l’intelligence de laisser s’exprimer le claviériste, là où d’autres groupes ne s’en servent que d’appui ou de faire valoir au gras riff des guitares. Chez Howard, quand le clavier s’exprime, ce sont les autres qui écoutent et structurent, charpentent le morceau. Ca virevolte, on sent les notes se prendre dans les barbes et les jams exploser les HP des amplis. On traverse l’opus en terrain connu et satisfait de la partition exécutée par le groupe. On écoute l’album sans véritable désagrément, sans faute de composition.

Cependant on le traverse sans être transcendé non plus.

Howard a parfaitement assimilé l’argumentaire de ses pairs mais il lui reste à intégrer plus intensément son identité, ses particularités, ses imperfections même. En effet, on ressort de l’écoute avec ce sentiment du travail trop bien fait, trop proprement exécuté. Le chant par exemple, est impeccable, propre, à l’excès à vrai dire. En live, le groupe est coupable de décharges électriques vraiment salaces, d’assauts rythmiques telluriques, de chants éraillés et conquérants. En live, le trio interprète, vit ses compositions, chose qu’il n’a pas su faire sur cet album, tout du moins retranscrire.

On ne retrouve pas l’électrisante excitation que le trio façonne sur les planches, cette jouissance, ce travail physique qu’il nous assène en face à face.

Rien de grave dans ce constat, le trio est encore jeune et aura tout le temps de peaufiner son identité sonore, sa patte. Voyons dans Obstacle un manifeste de ce dont est capable Howard et gageons que la prochaine étape sera celle de l’affirmation de sa personnalité et de son émancipation. Après tout, il est dans l’ordre logique de « tuer le père » un jour ou l’autre.



Note de Desert-Rock :
   (6.5/10)

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On a appris hier le décès de Shiran Kaïdine : guitariste dans bon nombre de formations françaises qui gravitaient dans des sphères proches du stoner/doom (dont Year of No Light), il luttait contre la maladie depuis plusieurs années. Shiran n'était pas que talentueux, sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme (nous) manqueront.[ENGLISH BELOW]C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Shiran Kaïdine, après une bataille de 2 ans contre le cancer.Il est parti hier, serein, apaisé, entouré de sa famille et de ses amis.Il est difficile pour nous de trouver les mots justes pour exprimer notre tristesse et le vide qu'il va laisser.Nous sommes nombreux à le porter dans notre cœur, et nous vous invitons à nous rejoindre pour lui rendre un dernier hommage.Vous pourrez lui dire au revoir :– au funérarium (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) du mardi 21 à 9h au vendredi 24 à 10h – au crématorium de Biarritz (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) le vendredi 24 à 11h, pour une cérémonie de 1hIt is with deep sadness that we announce the passing of Shiran Kaïdine, after a two-year battle with cancer. He passed away yesterday, peacefully, surrounded by his family and friends.It is difficult for us to find the right words to express our grief and the void he will leave behind. Many of us carry him in our hearts, and we invite you to join us in paying him a final tribute.You may bid farewell:– at the funeral home (PFG, 98 Avenue de l'Adour, 64600 Anglet) from Tuesday the 21st at 9a.m. to Friday the 24th at 10a.m.– at the Biarritz crematorium (Boulevard Marcel Dassault, 64200 Biarritz) on Friday the 24th at 11a.m., for a one-hour ceremony

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